Dimanche 16 octobre 2016, la « Manif Pour Tous », ou plutôt son noyau dur catholique conservateur, revenait une fois de plus battre le pavé parisien à quelques mois de l’élection présidentielle. Trois ans après le vote du mariage pour tous et la reculade gouvernementale sur l’ouverture de la PMA aux lesbiennes, la mobilisation recule.

Malgré un impressionnant dispositif de cars mis à disposition pour acheminer les manifestant(e)s venu(e)s des quatre coins de France, et des intervenantes sur écran géant comme la députée Marion-Maréchal Le Pen ou encore l’ancienne directrice du concours Miss France Geneviève de Fontenay, environ 25 000 personnes d’après la préfecture de Paris ont défilé, bien loin des pics de mobilisation de 2013.

Radio Parleur a suivi cette foule à la fois hétéroclite et homogène : des familles avec enfants, des jeunes, des vieux, des prêtres, des catholiques intégristes, des membres du GUD (groupe union défense), le Bloc Identitaire et autres joyeusetés proches de l’extrême droite sont de la partie.

Avec ce « Worst-of » de la Manif pour Tous, bienvenue dans un monde parallèle où Jean-Frédéric Poisson pourrait être président et où les Femen (violemment expulsées par le service d’ordre ce dimanche) incarnent l’antéchrist.

« Nous sommes contre l’homosexualité dans la tradition de l’Eglise »

Leur point commun à tous ? Être majoritairement blanc(he)s, aisé(e)s et opposé(e)s aux droits des homosexuel(le)s. Depuis Porte Dauphine dans le XVIème arrondissement de Paris, jusqu’à la Place du Trocadéro, ce cortège réactionnaire ponctuera son avancée par des slogans tel que « La famille il faut sauver, la France va nous entendre chanter » sur l’air des … Village People.

Les manifestants expliquent leur présence pour dire « non » à la PMA (Procréation Médicalement Assistée) et à la GPA (Gestation Pour Autrui) aux couples du même sexe : une disposition toujours interdite en droit français. Intégrés à la foule grâce à leurs chemises roses et à leurs pulls noués sur les épaules, nos reporters ont questionnés les manifestants sur leurs motivations, quelques fois surprenantes mais souvent similaires, à l’instar de cette incompréhension du mot d’ordre « Ne Plus Subir » qui n’aura finalement eu du sens … que pour nous.

Un reportage de : Guillaume Hubert, Gabrielle Bayer et Octave Broutard

Répondre

Please enter your comment!
Please enter your name here