Pour cette première grande manifestation de la rentrée, la quatrième journée de mobilisation nationale contre le projet de réforme des retraites, près de 600 000 manifestant.es ont défilé partout en France d’après les syndicats. L’AFP avance un total 120 000 personnes. A Paris, ils étaient 44 000 à battre le pavé, selon le cabinet Occurrence, 56 000 selon le ministère de l’Intérieur et 370 000 selon la CGT. Replongez dans la foule parisienne entre République et Saint-Augustin grâce au meilleur de notre direct audio.


18H – C’est la fin de notre direct radio dans la manifestation du 9 janvier à Paris. Le syndicat CGT revendique 370 000 manifestants à Paris, soit la plus forte mobilisation depuis le début du mouvement. Le cabinet Occurrence avance pour sa part le chiffre de 44 000 manifestant.es. Des affrontements sporadiques continuent à opposer manifestant.es et policiers dans le secteur de Saint-Augustin. Vous pouvez retrouver notre podcast du jour ici.

« C’est un peu étrange, on essaie de rejoindre le parcours de l’extérieur, mais toutes les rues sont bloquées, même avec une carte de presse » explique Martin Bodrero, qui se trouve actuellement boulevard Haussmann. Une partie du cortège parisien est arrivée à Saint-Augustin, point final du rassemblement, où elle est actuellement nassée. La manifestation est très étendue. Le parvis de la gare Saint-Lazare lui, est bouclé.

Manifestation contre la réforme des retraites le 9 janvier à Paris
Les manifestant⋅es ont saccagé les grandes enseignes entre la gare Saint-Lazare et la place Saint-Augustin. Photographie : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur.

« Impossible d’accéder à la gare, les policiers ont annoncé au mégaphone que celle-ci était complètement fermée jusqu’à au moins 20h » précise notre journaliste. « Il y a un mélange assez bizarre de manifestant.es, de badauds et de voyageur.ses, qui ne peuvent plus prendre leur train. Dans les rues transversales, des cortèges essayent d’atteindre la place Saint-Augustin. Le parcours principal est bloqué par des affrontements, m’explique un manifestant. »

Non loin de là, le romancier et cinéaste Gérard Mordillat est présent à l’assemblée générale des cheminots qui a lieu en ce moment même à la Gare de l’Est.

A Lille, une action symbolique, probablement menée par des grévistes du secteur de l’énergie : la place de la République a été plongée dans l’obscurité au passage du cortège.


17H30 – De grosses tensions ont éclaté en tête de cortège, place Saint-Augustin. Une partie de la foule reflue.

De nouvelles tensions éclatent au niveau du cortège de tête à Paris. D’après Viktor Poisson, certain.es manifestant.es ont tenté un départ en manifestation sauvage depuis la place Saint-Augustin, lieu d’arrivée de la manifestation interprofessionnelle ce 9 janvier. Jets de grenade et usage de gaz lacrymogène sont observés sur place. « Ça pique un peu mais ça va » confie notre journaliste Etienne Gratianette. Alix Douart nous signale un gros mouvement de foule de la part des manifestant.es, qui refluent devant les gaz lacrymogènes.

« L’avant de la manifestation est nassée place Saint-Augustin », explique Pierre-Olivier Chaput. « Les streets Médics soignent un blessé sous la devanture d’un bar, tandis qu’il pleut à verse. »

A Paris, le Collectif de reporters REC confirme l’interpellation du photographe Jean Segura, du collectif LaMeute. Le journaliste de Brut, Rémy Buisine, est quant à lui ressorti du commissariat à 16h. Son matériel de protection lui a été confisqué mais aucune charge n’est retenue contre lui.


17H – Le syndicat de la CGT annonce 370 000 manifestant.es à Paris.

Pour cette quatrième journée d’action à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO-Solidaires-CFE-CGC-FSU, le syndicat CGT comptabilise 370 000 manifestant.es à Paris. C’est la mobilisation la plus importante depuis le début du mouvement selon celui-ci. D’avantage que lors du 17 décembre, où l’UNSA et la CFDT avaient aussi appelé à manifester.

Les syndicats revendiquent près de 600 000 manifestants dans 27 cortèges en France. Un chiffre beaucoup plus élevé que celui donné par l’AFP, qui a additionné les chiffres donnés par la police ou les préfectures et ainsi comptabilisé plus de 120 000 personnes.

Au 36e jour de grève contre la réforme des retraites, la question de la solidarité entre le public et ke privé est très présente chez certain.es manifestant.es qui défilent aujourd’hui.


16H30 – À Paris, des affrontements ont éclatés brièvement entre des manifestant.es et forces de police non loin de la gare Saint-Lazare. Un photographe du collectif LaMeute a été interpellé. A 16h15, la préfecture de police de Paris annonce avoir interpellé seize personnes en marge de la manifestation du 9 janvier. Sur la place de la République, il reste encore beaucoup de monde. Les manifestant.es patientent en chantant.

Le journaliste Pierre-Olivier Chaput signale un tir de lbd40 sur un manifestant à une distance de 7 ou 8 mètres. Selon le policier auteur du tir : le manifestant visé aurait renvoyé du pied un palet de lacrymo en direction de la ligne de police qui se trouve à ce moment là des deux côtés de la rue où défilent les manifestant.es.

Manifestation contre la réforme des retraites le 9 janvier à Paris
Dans le cortège de la manifestation du 9 janvier contre la réforme des retraites à Paris, des heurts sporadiques opposent manifestant.es et policiers dans le secteur de la place Saint-Augustin. Photographie : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur.

Notre photographe Viktor Poisson signale également une situation tendue et plusieurs journalistes blessés par des coups de matraque. Des vidéos montrent la police chargeant le cortège et coupant celui-ci en deux rue Saint-Lazare.

Sur la place de la République, l’ambiance est toute autre. Manifestant.es et militant.es syndicaux, accompagnés du cortège Art en Grève, patientent en chantant « Macron nous fait la guerre et sa police aussi mais on reste déter pour bloquer le pays »

Des chiffres de nouveau : 22 000 à Marseille, 20 000 à Toulouse, 10 000 à Bordeaux selon la police, soit moins que le 5 décembre et que le 17 décembre 2019.

Nantes quant à elle a rassemblé 8 400 personnes et Rennes près d’un millier. A l’instar de Grenoble, qui comptabiliserait le même nombre de manifestant.es selon France 3 Alpes.


16H – À Paris et partout en France, les chiffres de la mobilisation tombent dans plusieurs villes.

On dénombre déjà plusieurs dizaines de milliers de manifestant.es en régions : dont 10 000 personnes à Béziers, 6 500 à Tours, 3 000 à Boulogne-sur-Mer ou encore de 1 400 à 2 000 à Guéret dans la Creuse. En dehors de Paris, plus de 120 000 personnes ont manifesté aujourd’hui dans près d’une trentaine de villes contre la réforme des retraites, selon un décompte provisoire de l’AFP réalisé à partir des chiffres communiqués par la police ou les préfectures. Soit moins que lors de la première journée de mobilisation interprofessionnelle, le 5 décembre dernier. Les syndicats quant à eux, revendiquent près de 600 000 manifestants dans 27 cortèges différents.

A Gravelines dans le Nord, 400 personnes filtrent l’accès à la centrale nucléaire. La CGT affirme que la production a baissé depuis mercredi soir. Les salariés grévistes sont rejoints par des cheminots et des personnels hospitaliers.


15H30 – A Paris, le cortège a passé Poissonnière, à mi-chemin du parcours du cortège. A Lille, le cortège est parti depuis vingt minutes et arrive à hauteur de la Grand’Place.

Manifestation contre la réforme des retraites le 9 janvier à Paris
La 36e journée de grève a rassemblé une interprofessionnelle nombreuse ce 9 janvier à Paris. Photographie : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur.

« Il y a un peu moins de monde que le 5 décembre » note Charles Dequillacq, qui se trouve actuellement dans le cortège de tête lillois, très fourni. « Les cortèges de SUD, UNSA et la CGT sont assez importants. De nombreu.x.ses Gilets Jaunes sont présents également. Et surtout, il y a beaucoup, beaucoup de jeunes et d’étudiant.es. C’est assez frappant. » Notre reporter nous précise également qu’un black bloc s’est formé à l’avant du cortège de tête et a tenté de faire dévier la manifestation du 9 janvier. « Quelques oeufs ont été jetés sur la police, mais rien de bien méchant. »

Voici quelques images de la tête du cortège parisien, prises par Laury-Anne Cholez. On y aperçoit la Fanfare Invisible. Toujours présente au rendez-vous des grandes manifestations, leur répertoire allie musiques traditionnelles de lutte, compositions originales et morceaux dansants.

L’ensemble du cortège reste très compacte selon tou.tes nos journalistes présent.es sur le terrain à Paris. Il avance lentement. A quelques centaines de mètres de là, notre reporter Prisca da Costa signale que la police a remonté le cortège avant de charger sur le boulevard Magenta. Lacrymo dans l’air, la foule a été coupée mais la marche vient de reprendre rue La Fayette.


15H – Les premiers chiffres pour les mobilisations de la matinée commencent à arriver depuis différentes villes et cortèges.

A Clermont-Ferrand, la police annonce 6 000 manifestant.es, tandis que les organisateurs en revendiquent 18 000. Le syndicat CGT comptabilise au total 216 manifestations ce 9 janvier dans toute la France.

A Paris, nos journalistes nous signalent toujours de grosses difficultés pour avancer. Prisca da Costa est sur place : « les gens avancent trop vite devant et pas assez derrière. Ça se coupe, ça se transforme presque en deux manifestations. Les cheminots sont très loin devant, le reste de la manifestation traîne. Il y a des trous par endroit. »

Notre reporter Laury-Anne Cholez se trouve non loin de la tête du cortège parisien, où une dizaine de femmes en bleu de travail et gants de vaisselle jaunes dansent au son de la chanson « A cause des garçons » dont les paroles ont été modifiées en : « A cause de Macron ».


14H30 – À Paris, la manifestation du 9 janvier est toujours entre la place de la République et celle de la Bastille. Les témoignages de nos journalistes présent.e.s sur place.

Notre journaliste Alix Douart est partie de la place de la République : « la place est pleine, c’est vraiment très dense, très compacte. Il y a beaucoup de monde. Pour le moment les cortèges syndicaux sont complètement à l’arrêt, on a du mal à se faufiler d’un cortège à un autre. On signale des tirs de gaz lacrymogène en amont du cortège, plus haut sur le boulevard Magenta. »

Toujours à Paris, Rémy Buizine, journaliste pour le média Brut, vient de se faire interpeller par la police après un contrôle de plus vingt minutes. En cause : ses équipements de protection.


14H- Notre live est lancée au coeur des cortèges ! À Paris, la place de la République se remplie. Des cortèges importants à Lyon, où la manifestation du 9 janvierest partie depuis la Manufacture des Tabacs, à Nantes et à Marseille.

Dans la capitale, la place de la République, lieu de départ de cette quatrième grande journée de mobilisation à Paris, voit affluer un grand nombre de personnes. Notre journaliste Pierre-Olivier Chaput signale une présence policière importante au devant du cortège, où se massent également de nombreux cheminots et Gilets Jaunes. Les slogans commencent à parsemer les murs et les pancartes sur le trajet de la manifestation du 9 janvier, toujours avec autant d’inventivité

La mobilisation contre la réforme des retraites sera-t-elle comparable à celle du mois de décembre ? C’est la question que pose cette nouvelle journée. Et les premiers chiffres tombent : à la SNCF, la réponse est oui. Le taux de grévistes dans l’entreprise – 32,9% – est presque identique à celui de la dernière grande journée de mobilisation contre le projet de réforme, le 17 décembre dernier, annonce la direction. Chez les conducteurs, il s’élève à 66,6%, ce qui marque en revanche une baisse, avec un taux de 75,8% le 17 décembre.

A Marseille, où défilent plusieurs milliers de manifestant.es, le député (LFI) des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Mélenchon a rejoint le cortège et déclaré que les opposant.es au projet de réforme ne pouvaient pas laisser seuls et en première ligne les cheminots, les chimistes et les électriciens. Au 36e jour de grève, certaines professions, mobilisées depuis les premiers jours du mouvement appellent l’ensemble des opposant.es à la réforme à rejoindre la grève massivement.


13h30 – À Lorient, Toulouse et Grenoble, les manifestations du 9 janvier sont déjà parties depuis plusieurs heures.

Pas d’incidents à signaler pour le moment mais des cortèges assez fournis et une météo parfois pluvieuse. Comme le montre ce tweet de notre journaliste Julie Maréchal présente sur place à Lorient, où on a compté entre 5.000 et 10.000 manifestant·es ce matin.

 

A Paris, où le cortège doit s’élancer à partir de 13h30, les manifestant.es commencent à se rassembler. Il y a déjà du monde, malgré la grisaille et la pluie annoncée !


13H – Avant le début de la mobilisation parisienne : les faits à retenir pour bien suivre cette journée d’action et les premières manifestations et actions dans les rues.

Après le jeudi 5 décembre, le mardi 10 décembre et le mardi 17 décembre, c’est la quatrième journée de mobilisation nationale contre le projet de réforme des retraites. L’intersyndicale CGT-FO-Solidaires-CFE-CGC-FSU y réclamera le retrait pur et simple du projet, après plus d’un mois de mobilisation. Les deux premières manifestations, ce 9 janvier, ont mis respectivement 806 000 et 339 000 personnes dans les rues. Tandis que la troisième journée a réunie entre 76 000 et 350 000 personnes.

Syndicalistes de la SNCF en manifestation
Après un mois de présence dans la rue des travailleur·euses pour protester contre le projet de réforme des retraites, l’acte III de la mobilisation est engagé. Photographie : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur.

Cette nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle doit mettre la pression sur le gouvernement alors que mardi, les négociations ont repris au ministère du Travail entre les partenaires sociaux et Edouard Philippe. Le Premier ministre a envoyé un signal d’ouverture vers la CFDT en acceptant la proposition de Laurent Berger sur une conférence de financement. En revanche, il n’a pas donné de réponse sur l’âge d’équilibre. Comme prévu, le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres le 24 janvier. Il sera examiné à l’Assemblée nationale dès le 17 février. Après un mois de présence dans la rue des travailleur·euses pour protester contre le projet de réforme des retraites, l’acte III de la mobilisation est donc engagé. Une semaine rythmée entre négociations et journées intersyndicales de mobilisation jeudi 9 janvier et samedi 11 janvier.

Dans notre entretien publié ce mardi, Karel Yon revient sur les stratégies des différents syndicats dans ce bras de fer. Le chercheur pointe des « moments d’incertitude où les choses peuvent évoluer très vite. » L’opposition traditionnelle entre deux camps, celui des syndicats réformistes prêts à négocier, et « ceux qui disent toujours non » n’est plus vraiment tenable. La CFDT souhaite négocier mais tient à ses propres lignes rouges : l’âge pivot et les carrières pénibles. Ce syndicat traditionnellement réformiste reste surtout la première force syndicale représentative : elle rassemble le plus de suffrages de salarié·es dans les secteurs publics et privés. Cette confédération n’a pourtant « aucun accord sur les buts de la mobilisation » avec les autres syndicats, ce qui complexifie les volontés de discuter avec l’exécutif. L’autre enjeu pour les syndicats à travers ces négociations : conserver leurs adhérent·es qui « leur font confiance pour ne pas trahir une mobilisation générale ». Si ces dernier·es ne distinguent pas clairement les nuances des points de crispation, un travail de consultation fréquent et régulier permet d’adoucir les oppositions entre la base syndicale et les directions. Les organisations fédérales travaillent à produire un discours interne cohérent et défendable.

Pour cette manifestation du 9 janvier, la première journée de mobilisation interprofessionnelle de l’année, 40% des professeurs des écoles sont déclarés grévistes, selon le Snuipp. C’est moins que lors de la dernière journée de mobilisation, avant les vacances de Noël. Le syndicat estimait alors qu’un enseignant sur deux était en grève.

À Paris, la manifestation du 9 janvier est prévue à partir de 13h30. Elle doit rejoindre la place Saint-Augustin depuis la place de la République en passant par le boulevard Magenta. Un trajet d’un peu plus de 3 kilomètres et peu habituel pour les cortèges parisiens. C’est la Préfecture de police qui a choisi cet itinéraire, encourageant les établissements situés le long du parcours à fermer leurs portes, sans obligation. La Préfecture de police a par ailleurs interdit les rassemblements de gilets jaunes dans plusieurs secteurs de la capitale, notamment autour des Champs-Élysées. De nombreux cortèges et bus sont aussi attendus depuis les villes de la banlieue parisienne comme Montreuil, Saint-Denis ou Aubervilliers. Une assemblée générale interprofessionnelle se tiendra à 19h30 à Saint-Lazare, après la manifestation, ce 9 janvier.

Des premières actions sont déjà en cours, au dépôt de bus RATP Pleyel à Saint-Denis, mais aussi à Toulouse, Rennes et dans d’autres villes de France, des dépôts de bus sont bloqués :

Ce matin plusieurs rassemblements ce sont déjà tenues à travers le pays comme ici à Lisieux et à Toulouse. A noter parfois, la présence massive de certaines professions mobilisées contre la réforme, comme les avocats, qui ont durci leur grève contre la réforme des retraites avec de nouvelles actions de blocage ce lundi 6 janvier :

Le syndicat de la CGT a réalisé un listing des manifestations les 9 et 11 janvier prévues en France.

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