Jeudi 16 janvier, la sixième journée de mobilisation nationale contre le projet de réforme des retraites a vu défilé 28 000 personnes à Paris selon la Préfecture de police et 250 000 selon la CGT. Cette nouvelle journée de manifestations a constitué un test pour la suite du mouvement, qui en est à sa sixième semaine de mobilisation. Replongez dans la foule parisienne entre la place du 18 juin 1940, à Montparnasse et la place d’Italie grâce au meilleur de notre direct audio.


17H30 – C’est la fin de notre direct depuis la manifestation parisienne : retrouvez notre best of dès demain à 18h ! La CGT revendique 250 000 participant.es dans la capitale contre la réforme des retraites.

Quelque 8 000 personnes ont défilé à Marseille contre la réforme des retraites, selon la police.
A Tours, près de 2 000 personnes se sont mobilisées contre la réforme des retraites, rapporte France Bleu Touraine. Une intersyndicale doit avoir lieu cette après-midi pour décider de la suite du mouvement. D’après la police, 4 000 personnes se sont réunies à Nantes, 10 000 selon les syndicats.

Manifestation contre la réforme des retraites le 16 janvier à Paris
Depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites, les cheminots animent les manifestations avec moult torches et fumigènes. Paris le 16 janvier. Photographie : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur.

A Paris, les manifestant.es sont à présent sur la Place d’Italie. « L’ambiance est entre chien et loup » témoigne Martin Bodrero. « La fin de la manifestation est assez tranquille. Pour l’instant, on n’a pas vu d’énormes cortèges syndicaux arriver sur la place, ni même de ballons des centrales. Le centre commercial Italie 2 est protégé par la police, très présente sur la place. A l’arrivée des cortèges de tête et interprofessionnels, les manifestant.es, dont des grévistes de Sud Rail, ont réalisé un jet de chasubles RATP. Une action inspirée par les jetés de robes des avocat.es devant leur ministre de tutelle, ces derniers jours. La manifestation est vraiment très calme. Est-ce un bon ou un mauvaise signe quant à l’état de la mobilisation, c’est la question. »

Loin de la communication gouvernementale, le nombre de métiers et de secteurs représentés dans le cortège parisien est impressionnant. Le rail, la santé et l’enseignement bien sûr, mais aussi la justice, et ici : les métiers du numérique !


16H30 – La CGT revendique 250 000 participants à la manifestation parisienne contre la réforme des retraites.

La CGT revendique le même nombre de participant.es que lors de la manifestation parisienne lors de la première journée de mobilisation, le 5 décembre. C’est 120 000 personnes de moins que lors de la dernière journée de mobilisation nationale, le 9 janvier. Nos journalistes viennent de reprendre l’antenne après avoir marqué une petite pause.

Dans le cortège, les souvenirs des précédentes arrivées place d’Italie sont encore tenaces. Par sa disposition, elle est très propice à l’encerclement des manifestant.es : la tactique de la nasse.


16H00 – La tête du cortège parisien arrive sur la place d’Italie, lieu d’arrivée de la manifestation. L’ambiance est calme tandis que dans le reste de la France, les chiffres arrivent : A rennes, les manifestant.es étaient entre 3100 (source préfecture) et 5000 manifestants. (source CGT). Le 9 janvier ils étaient entre 6000 et 10 000.

Manifestation contre la réforme des retraites le 16 janvier à Paris
Le cortège de l’éducation dans la manifestation contre le projet de réforme des retraites à Paris le 16 janvier. Photo Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur.

Notre journaliste Martin Bodrero est présent dans le cortège parisien, où il a pris en photos quelques pancartes des manifestant.es. Sur celles-ci, plusieurs message de préventions à l’intention du gouvernement à propos de la réforme des retraites.

Vous vous demandiez où elle était passée ? Nous l’avons retrouvée pour vous ! La Fanfare Invisible, habituée des cortèges parisiens, est bien présente pour donner de l’élan à la manifestation dans la capitale.


15H30 – Le point à la mi-journée ! A Paris, la tête du cortège arrive sur le boulevard de l’Hôpital, près de la fin du parcours du cortège.

Les premiers chiffres commencent aussi à tomber un peu partout en France :

A Toulouse, les manifestant.es étaient 7 300 selon la préfecture et 80 000 selon la CGT ;
A Saint-Nazaire, ils et elles étaient 1 500 personnes à défiler selon la police (4 000 selon la CGT). Parmi eux, on compte un grand nombre de « gilets jaunes » présents dans le cortège tandis qu’à Bordeaux, la préfecture avance un premier chiffre de 4 500 personnes, contre 20 00 selon la CGT.

Les gréviste du centre de bus de Pleyel où nous étions il y a une semaine, sont présent.es en nombre dans le cortège parisien.

A Paris toujours, nos reporters nous signalent un « BearBloc » : des ours.es radicalisé.es qui escaladent les barrières anti-émeutes.


15H00 – A Paris, le cortège s’élance depuis Montparnasse. A Lyon, les enseignant·es sont présent·es en nombre dans le cortège contre la reforme des retraites qui s’élance de la manufacture des tabacs.

Notre reporter Tim Buisson est dans le cortège lyonnais, qui s’est élancé.ur le Pont de la Guillotière et repart déjà vers Bellecour.

A Paris et dans plusieurs villes, au sein du cortège, il n’y a pas que des manifestant·es : nous avons croisé Lionel et Valérie, volontaires pour la Ligue des Droits de l’Homme.

Ils et elles parcourent les manifestations pour observer les méthodes des forces de police et constater d’éventuelles violences policières, au coeur du débat public actuellement. Certaines vidéos réalisées lors de la précédente manifestation, le 9 janvier dernier sont devenues virales. Elles ont fortement marqué les manifestant.es. A l’image de ce syndicaliste de Sud Rail présent dans le cortège parisien : « Je n’ai absolument plus aucune confiance envers les forces de l’ordre. Aujourd’hui’hui, j’assimile ça a une pression étatique, comme un patron peut mettre une pression sur ses salariés. »


14H00 – Un peu partout en France des cortèges distincts ont déjà commencé à battre le pavé contre le projet de réforme des retraites. A Paris, plusieurs dizaines de milliers de personnes se massent au départ de la manifestation, près de la gare Montparnasse.

Quelques chiffres nous permettent déjà d’avoir une idée de la mobilisation ce 16 janvier : le taux de grévistes est remonté à 10,1% à la SNCF contre 4,7% mercredi, avec 30,5% des conducteurs en grève (22,4% mercredi).

A Paris, une action commune des cheminot.es, des grévistes de la RATP, des hospitalier.es et de Attac marque le lancement de la journée : environ 150 personnes jettent des pantoufles au travers des grilles du ministère de l’économie pour dénoncer le pantouflage et les lobbies.

Dans d’autres villes de France, les manifestations ont débuté ce matin. A Niort, dans les Deux Sèvres, 1 200 manifestant.es ont défilé contre la réforme des retraites selon la police, 2000 d’après la CGT.

A Bayonne, ils étaient environ 2 000 dans les rues selon la police et 2 800 selon les différentes organisations syndicales. Le cortège contre la réforme des retraites a débuté de la gare pour se rendre au rond point du Grand Basque. Parmi les manifestant.es de nombreux gilets jaunes participent au mouvement.

Dans tout le pays, la mobilisation des enseignant.es contre la réforme des retraites est particulièrement scrutée aujourd’hui. Elle interviendra après l’annonce par le ministre Jean-Michel Blanquer de hausses de salaires importante d’ici 2021.

Manifestation contre la réforme des retraites le 16 janvier à Paris
Le cortège de l’éducation dans la manifestation contre le projet de réforme des retraites à Paris le 16 janvier. Photographie : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur.

C’est la sixième grande journée de manifestations depuis le début du mouvement après la mobilisation du 5 janvier dernier. Ce jeudi, l’intersyndicale (CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, MNL) appelle à « une journée de mobilisation interprofessionnelle massive de grèves et de manifestations » contre la réforme des retraites. Les organisations syndicales exigent le maintien du système de retraite existant par répartition solidaire et intergénérationnelle et par annuité. Des cortèges défileront un peu partout en France avec, en point d’orgue, la manifestation parisienne entre Montparnasse et place d’Italie, à partir de 13h30. Après six semaines de conflit social, cette nouvelle journée de manifestations constitue un test pour la suite du mouvement, qui se distingue déjà par une durée record. Les transports, mobilisés depuis le premier jour de la grève, le 5 décembre, marquent des signes de fatigue dans la mobilisation et appellent à « élargir » le mouvement aux autres secteurs.

La CFDT n’a pas appelé à rejoindre la manifestation ce jeudi 16 janvier, de même que l’UNSA. Les deux syndicats sont prêts à sceller un compromis avec le gouvernement sur la réforme des retraites. Dans notre entretien avec le chercheur , Karel Yon nous revenions sur les particularité du front syndical initial, auquel s’étaient joints l’UNSA et la CFDT. Cette dernière, traditionnellement réformiste, reste surtout la première force syndicale représentative : elle rassemble le plus de suffrages de salarié·es dans les secteurs publics et privés. Son absence pèsera-t-elle sur la mobilisation ? Au sein des deux syndicats réformistes, la CFDT Cheminots et l’Unsa-RATP entendent bien poursuivre la grève.

Comme le montre un sondage Elabe publié mercredi pour BFMTV, le mouvement reste majoritairement soutenu par l’opinion publique. 47% (-6 par rapport au 5 janvier) des Français approuvent la mobilisation, et 40% (+2) la désapprouvent. Les syndicats CGT, FO, CFE-CGC, FSU et Solidaires appellent d’ores et déjà à une nouvelle journée interprofessionnelle de grèves et manifestations le 24 janvier, jour de présentation du projet de loi sur la réforme des retraites en conseil des ministres. Des « actions de grève » sont également prévues les 22 et 23 janvier. De leur côté, la grève continue dans les sept grands ports maritimes français, à l’appel de la CGT. Les avocats, qui multiplient les actions symboliques, comme l’occupation du tribunal de Bobigny ce mercredi, ont obtenu du gouvernement le maintien d' »une caisse propre à leur profession », mais cet aménagement ne satisfait pas le Conseil national des barreaux.

Photo de Une : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur

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