Les brigades solidaires ont répondu avec efficacité à l’appel de l’urgence pendant le confinement. Aujourd’hui les militant・es de ce réseau émergeant veulent construire leur identité politique.

Pendant le confinement, les organisations associatives venant en aide aux plus démuni・es ont déserté les rues. Ces collectifs, portés principalement par des retraité・es, ont rapidement été remplacés.

Des brigades de solidarité nées pendant le confinement en Italie

De rares associations comme La Chorba Pour Tous notamment, ont continué leurs activités dans le nord de Paris, mais ont très vite été débordées. Les Brigades de solidarité populaire, dont le mouvement a émergé dans le Nord de l’Italie au tout début de la crise sanitaire, ont rapidement émergé à Paris et en Seine-Saint-Denis.

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Composées d’un réseau militant, issu du mouvement des Gilets Jaunes, des mouvances d’écologie sociale et d’un maillage d’habitant・es de quartier, les brigades ont mis en place des livraisons de colis alimentaires pour des foyers précaires.

Les « brigadistes » n’ont pas chômé. Entre les distributions de repas pour les sans-abris, la confection de masques et leur distribution aux travailleur・euses essentiels, les brigades de solidarité ont occupé une place cruciale dans les quartiers populaires pendant le confinement. Peu à peu, de nombreuses familles ayant bénéficié des colis alimentaires se sont investies à leur tour, pour cuisiner des repas, ou faire des maraudes.

« Les personnes ne viennent pas demander du superflu »

Pour stocker le matériel et les ressources alimentaires, provenant principalement de dons, les volontaires ont pu bénéficier de différents prêts locaux. L’UCL, l’Union communiste libertaire, a notamment ouvert ses bureaux. Des bénévoles y tenaient pendant le confinement des permanences deux fois par semaine. Ces lieux pouvaient également servir à la confection de masques et de gel hydro-alcoolique.

« On est sur des besoins primaires. Les personnes ne viennent pas demander du superflu, c’est de l’ordre du vital, » confie une bénévole. Des restaurants ont également mis à disposition leur cuisine pour la préparation de repas destiné aux maraudes, comme la Nouvelle Rôtisserie.

Une relève militante après le confinement ?

Nicolas, un habitant du 11ème arrondissement de Paris qui a rejoint les brigades dès leur constitution espère voir ce réseau militant trouver d’autres formes d’actions avec la fin du confinement : « Il y a un maillage local très fort. J’espère que les habitants du quartier qui ne sont pas forcément militants prendront la relève de cette infrastructure. »

Avec le retour du réseau associatif qui avait disparu pendant le pic de la crise sanitaire, les brigades solidaires ont diminué leurs distributions de repas. Dans les réunions, la question est désormais de comment se tourner vers d’autres actions, comme le soutien aux personnes expulsées, l’éducation populaire ou encore la participation aux manifestations des soignant・es.

Un reportage de Sarah Belhadi. Photo de Une : Sarah Belhadi.

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