Ce jeudi 21 mai, Argenteuil (95) rend hommage à Sabri, jeune homme de 18 ans décédé d’une chute de moto. La police est accusée d’être impliquée dans l’accident. Une affaire qui questionne toutes les autres où les violences policières se sont faites visibles depuis le début du confinement. « Quartiers populaires, la pandémie sous pression policière », c’est le thème du premier épisode de « Penser les luttes », votre nouvelle émission hebdomadaire.


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À Argenteuil, l’enquête est en cours et elle devra déterminer la réalité des faits. Pourtant, ce n’est pas la première affaire dans laquelle la police pourrait être impliquée depuis le début du confinement. Le 18 avril, à Villeneuve-La-Garenne, un jeune homme se fracture la jambe après avoir heurté à moto la portière d’une voiture de police. Quelques jours plus tard, à l’Ile-Saint-Denis, un policier est filmé proférant des insultes racistes. La multiplication de ces affaires symbolise la tension qui anime les rapports entre police et habitant·es des quartiers populaires. Une réalité loin d’être nouvelle mais qui est particulièrement mise en lumière par l’urgence sanitaire et les restrictions des libertés fondamentales imposées depuis le début du confinement au mois de mars.

Les quartiers populaires en première ligne face à la pandémie

La pandémie de coronavirus et ses conséquences sont vécues difficilement dans les quartiers populaires. Les habitant·es de ces communes sont en première ligne face au virus. Un chiffre macabre le montre : le taux de surmortalité provoquée par la Covid-19. Selon les chiffres de l’INSEE compilés par le quotidien « Le Monde », en Seine-Saint-Denis, la surmortalité était de 130 % entre début mars et fin avril par rapport à la même période l’année précédente. C’est deux fois plus que dans les Yvelines ou la Seine-et-Marne. En cause, le manque d’espace, d’accès aux soins et la fragilité économique des personnes résidant dans ces communes.

Mais la situation a été aussi le moteur de nombreuses initiatives de solidarité. Dans les quartiers nord, à Marseille, les employé·es d’un ancien restaurant McDonalds ont réquisitionné le bâtiment pour en faire une plateforme logistique de distribution alimentaire. A Montreuil, les habitant·es ont formé des brigades de solidarité populaire. Des exemples d’auto-organisation qui comblent en partie l’absence des services de l’Etat dans les quartiers populaires, mais qui restent fragiles en tant de pandémie.

Une émission produite et présentée par Martin Bodrero. Photographie de une : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur. Musique du générique : Not Kings par le groupe Candy Says

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