À la suite de la tribune « Emparons-nous du local et refondons la démocratie », publiée sur Radio Parleur,entretien avec Judith Bernard et Gilles Martinet, deux des signataires de ce texte. En quoi les citoyen.ne.s peuvent se réapproprier le pouvoir municipale ?

Judith Bernard est enseignante en BTS en Seine-Saint-Denis et directrice de publication du site Hors-Série.

Gilles Martinet est doctorant en géographie. Il travaille notamment sur la ville de Buenos Aires en Argentine et les phénomènes de gentrification qui y ont lieu.

La tribune, signée par de nombreux·euses chercheurs·euses et intellectuel·les, défend le municipalisme libertaire comme mode d’organisation de notre société. Une idée que Judith Bernard définit comme « le principe de l’auto-organisation populaire à l’échelle locale avec pour objectif une sortie du capitalisme« , elle évoque aussi la possibilité à terme « d’une fédération de municipalités » qui prendraient des décisions à l’échelles de régions entières.

Écrit par des universitaires, le texte émerge du collectif Gilets Jaunes-Enseignement et recherche. Il fait écho aux discussions multiples qui se sont tenues lors des Assemblées des Assemblées des Gilets Jaunes, notamment celle de Montpellier au début du mois de novembre.

Amphithéâtre plein lors de l'université des mouvements sociaux 2018 à Grenoble. Photographie : Mélanie Poulain / Attac
Plénière, lors de l’université des mouvements sociaux en 2018 à Grenoble. Photographie : Mélanie Poulain / Attac

Le municipalisme libertaire, un outil de reprise du pouvoir

Pour Gilles Martinet les « préoccupations médiatiques pour les élections municipales » sont très éloignées de celles que font entendre les Gilets Jaunes depuis un an. Le municipalisme libertaire, aussi appelé communalisme, entend donc être « un outil en adéquation avec le but qu’il vise« , parce qu’il est en soi égalitaire. Les Gilets Jaunes pratiquent par certains aspects les règles municipalistes. Mais la démocratie est un enjeu qui ne se résume pas à mettre un bulletin dans l’urne lors des élections municipales tout les six ans.

À lire sur le même thème : la tribune « Emparons-nous du local et refondons la démocratie ».

Des candidatures citoyennes se développent actuellement à Montpellier, à Toulouse ou Lorient mais Judith Bernard appelle à « la vigilance face à ces listes » qui parfois reproduisent des mécanismes d’appropriation personnelle du pouvoir.Les élections municipales sont donc l’occasion d’impulser autant que possible des dynamiques communalistes, en s’appuyant ou non, « selon les contextes locaux » rappelle Gilles Martinet, sur les partis politiques.

Dans les grandes villes et au sein d’un pays centralisé comme la France, les obstacles à la mise en place du municipalisme sont extrêmement nombreux. Cependant la coopération et l’auto-organisation sont la clé de cette pratique politique qui tend à se développer de plus en plus, comme dans la commune de Saillans dans la Drôme, et qui est donc à surveiller avec attention.

Un entretien réalisé par Sophie Peroy-Gay. Photographie de une : Violette Voldoire pour Radio Parleur.

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