Ce dimanche 15 mars, c’est le premier tour des élections municipales. Un échéance maintenue malgré l’épidémie de coronavirus. Politiques Locales, écologie, listes citoyennes, violences sexistes…  5 podcasts pour réfléchir aux enjeux de ce scrutin avec Radio Parleur.

Ce dimanche,  plus de 47 millions de citoyennes et citoyens français sont invités à se rendre aux urnes pour élire leurs équipes municipales. Un scrutin qui se tient dans le contexte très particulier de l’épidémie de Coronavirus et à la vieille de la fermeture des écoles et universités pour une durée indéterminée. Un actualité hors-norme qui met en pleine lumière le rôle de l’état et de ses institutions dans nos vie.

grève hopitaux 14 novembre
Des salarié.e.s de l’hôpital Bichat dans le 18ème arrondissement de Paris lors d’une manifestation contre l’austérité dans le milieu hospitalier le 14 novembre 2019 à Paris Photographie; Romane Salahun Pour Radio Parleur

Parmi les thèmes fort qui ressortent ces derniers jours et pourraient peser sur le vote de ce dimanche, il y a le le mal-être de l’hôpital. Des institutions aujourd’hui en première ligne face au virus. Depuis de longs mois, Radio Parleur vous raconte régulièrement les conséquences de plusieurs dizaines d’années d’austérité et de coupures budgétaires. Une réalité inquiétante alors que le pic de la pandémie est encore à venir et va mobiliser toutes les ressources de notre système de santé. Une institution qui semble par moment tenir grâce à des bouts de ficelles, comme le montre la récente enquête de nos journalistes Antoine Guirimand et Lola Balligand. Ils se sont intéressés aux intérimaires, ces médecins « mercenaires » payés à prix d’or, un symptôme de la libéralisation de notre système de santé.


 

Quand le mouvement Metoo s’invite dans les élections municipales

Mais l’enjeu sanitaire et le rôle de l’échelon municipale face à la pandémie ne doit pas faire oublier les autres thématiques qui ont marqué cette campagne des municipales. Parmi celles-ci, la vague Metoo et la mobilisation contre les violences sexistes peuvent-elles avoir un impact sur les élections municipales ?

Éviter que les maires accusés de harcèlement et d’agressions sexuelles ne se représentent aux élections. Tel est l’objectif de la tribune « Metoo des territoires » pour les municipales, publiée en novembre dernier et signée par près de 250 personnalités du monde politique et associatif. Lancée par Fiona Texeire, collaboratrice d’élus, ce texte demande aux partis politiques de « prendre leurs responsabilités pour garantir une ambiance de travail plus sereine dans les mairies, un fonctionnement plus apaisé de la démocratie locale et une plus grande sécurité pour les personnes victimes de violences ».

Boulevard Beaumarchais lors de la manifestation féministe pour la journée internationale des femmes, le 8 mars 2020 à Paris. Photo Gary Libot pour Radio Parleur.
Plus de 60 000 personnes ont défilé lors de la marche féministe pour la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2020 à Paris. Photo Gary Libot pour Radio Parleur.

L’histoire commence après une enquête publiée par Mediapart, illustrant des dérives dans plusieurs villes : Lorient, Saint-Nazaire, Villepreux ou encore Laval. Dans le chef-lieu de la Mayenne, le maire François Zocchetto est accusé de violences sexuelles par une ancienne collaboratrice ministérielle. Une accusation qui le fera renoncer à présenter sa candidature. 

En pleine campagne électorale, on décrypte ces questions avec Fiona Texeire, collaboratrice d’élu·es et initiatrice de la tribune « #Metoo des territoires », Lenaïg Bredoux, journaliste à Mediapart et Rosalie Salaün, responsable de la commission Féminisme d’Europe Écologie Les Verts et chroniqueuse à Radio Parleur.


 

Listes citoyennes : « Transformer la révolte en quelque chose de constructif »

Partout en France des listes participatives s’engagent pour les élections municipales de mars 2020. Ces mouvements collectifs bousculent les partis traditionnels et tentent de redéfinir la politique au niveau local. En guise d’exemple, Radio Parleur vous embarque pour un reportage en deux épisodes réalisés dans le département de la Drôme. Avec notre journaliste Tim Buisson. Bienvenue à Romans-sur-Isère 

Dans cette ancienne cité ouvrière de 33 000 habitant·es, le chômage culmine à 20,7% (en 2016) contre 8,6% en moyenne en France. Le taux de pauvreté s’élève, quant à lui, à 22% selon l’INSEE. Romans-sur-Isère ne s’est jamais vraiment remis de la délocalisation des usines, notamment de chaussures, dans les années 1970 et 1980.

Romans sur Isère, ancienne capitale industrielle de la chaussure compte aujourd'hui 33 000 habitant.e.s selon l'INSEE. Photographie : Tim Buisson pour Radio Parleur.
Romans sur Isère, ancienne capitale industrielle de la chaussure, compte aujourd’hui 33 000 habitant.e.s selon l’INSEE. Photographie : Tim Buisson pour Radio Parleur.

En 2014, les élections municipales ont évincé les socialistes, au pouvoir depuis 1977 du paysage politique local. La gauche a dû se réinventer. À force de manifestations contre la politique municipale actuelle et de combats pour sauver associations et lieux emblématiques de la ville, militant·es de gauche, citoyen·nes et Gilets jaunes s’unissent pour les municipales 2020 à travers  « Collectif Pour Romans : citoyenne, écologiste, solidaire ».

 

Le 22 mars prochain, la ville doit désigner son ou sa future maire, ou plutôt une nouvelle équipe municipale. Dans les rues pavées, les candidat.es battent campagne. Trois listes émergent : les sortants, menés par Marie-Hélène Thoraval (Les Républicains), celle du patron de prêt-à-porter Thomas Huriez et une liste participative de gauche, le Collectif pour Romans. Les deux premières ont tenté d’obtenir l’investiture de La République en Marche, sans succès.

Pour impliquer les citoyen·nes dans le processus démocratique, cette liste participative et citoyenne s’appuie sur la transparence (captation vidéo des conseils municipaux, édition d’un bulletin d’information) et la mise en place d’instances de participation. Ils mènent des enquêtes publiques, organisent des tirages au sort, des budgets participatifs par quartier et mettent en place une plateforme numérique d’expression citoyenne.


L’abstention, un acte politique ? Rencontre avec Francis Dupuis-Déri auteur de l’ouvrage « Nous n’irons plus aux urnes ».

En 2014, lors des précédentes élections municipales, l’abstention atteignait un taux record de 36 % du corps éléctorale. Ce dimanche l’histoire va sans doute se répéter voire même de s’amplifier. En cause, la pandémie de coronavirus bien sur et la peur de la contamination mais aussi une tendance qui se confirme depuis plusieurs années.

L’abstention peut-elle être une forme d’engagement politique ? Quelle est la trajectoire politique des non-votants ? Dans son dernier ouvrage, « Nous n’irons plus aux urnes, plaidoyer pour l’abstention », Francis Dupuis-Déri, professeur de sciences politiques à l’université du Québec, critique la sacralisation du vote et défend les formes de démocratie directe.

Dressant des parallèles entre le Canada, les États-Unis et la France, Francis Dupuis-Déri décrit une pluralité de pratiques abstentionnistes entre abstention apolitique et politique, ponctuelle et systématique. Il scrute plus intensément cette dernière catégorie. Il l’affirme, il existe un discours et un acte politique derrière le choix de ne pas voter.

 

 

Reportages et entretiens : Laury-Anne Cholez, Tim Buisson et Romane Salahun.  Un article écrit par Martin Bodrero et Tristan Goldbronn. Photo de Une : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur.

 

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