Un an après la mort de Cédric Chouviat lors d’un contrôle de police, à Paris, plusieurs centaines de personnes ont marché ce dimanche, pour honorer sa mémoire et celles, de « toutes les familles de victimes » de violences policières. Une marche aussi dirigée contre la proposition de loi dite de « sécurité globale ». De nouveaux rassemblements sont prévus les 16 et 30 janvier contre ce projet de loi.

Le matin du 3 janvier 2020, Cédric Chouviat, livreur de 42 ans, père de cinq enfants, fait sa tournée en scooter dans les rues de Paris. Aux alentours de 10h, à l’angle de l’avenue de Suffren et du Quai Branly, il est contrôlé par quatre policiers. Difficile à ce jour de retracer le déroulé précis de ce contrôle. Ce que l’on sait pour sûr : l’homme meurt à l’hôpital Georges Pompidou moins de 48 heures après, des suites d’une asphyxie « avec fracture du larynx ».

Trois policiers mis en examen, mais toujours en activité

Un an plus tard, plusieurs centaines de manifestant·es défilent dans le froid, place de l’Uruguay, derrière une banderole demandant « Justice pour Cédric ». Un défilé auquel s’associe la coordination contre la proposition de loi dite de « sécurité globale ». Dans cette affaire, la vidéo, au cœur de la mobilisation contre l’article 24, a joué un rôle clé. Grâce à l’appel à témoins lancé rapidement par la famille et sa défense, des vidéos amateurs de la scène émergent. On y voit Cédric Chouviat plaqué au sol, face contre terre. Trois policiers pèsent de tout leur poids sur son corps. 


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Parmi eux, trois fonctionnaires ont depuis été mis en examen pour homicide involontaire (en juillet 2020). Une quatrième policière a elle été placée sous le statut de témoin assisté. La famille et la défense de Cédric Chouviat saluent le travail des juges d’instruction et une « prise de conscience » judiciaire. Elles réclament en revanche la suspension par le ministre de l’Intérieur des quatre policier·es impliqué·es. En effet, à ce jour, tous et toutes continuent d’exercer.

Une mobilisation aussi dirigée contre la loi « sécurité globale »

« C’est une journée de deuil pour la famille. C’est aussi une journée d’action politique », précise maître Arié Alimi, avocat de la famille Chouviat. Car la marche blanche est aussi dirigée contre la proposition de loi Sécurité globale. Plusieurs familles de victimes de violences policières, mais aussi des journalistes, des représentant·es de partis politiques (La France Insoumise, d’Europe-Écologie Les Verts) ou d’associations de défense des droits humains sont présents. « Nous sommes là pour soutenir la famille. Mais ça fait aussi partie de plusieurs mobilisations qui vont avoir lieu au mois de janvier », prévient Habiba Bigdade, présidente de fédération de la Ligue des droits de l’Homme des Hauts-de-Seine et membre de la coordination #StopLoiSécuritéGlobale.

Reportage de Léone Laali. Photo de Une : Léone Laali pour Radio Parleur.

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