Élise Costa signe un podcast de 8 minutes sur les rouages de la justice pendant le confinement. Elle suit la condamnation de Wahbi, arrêté sans attestation de sortie.

Dans sa série « Fenêtre sur cour », la journaliste raconte le fonctionnement de la justice française en mettant en son des moments, des détails et des anecdotes. Pendant le confinement, souvenez-vous, pour sortir, il fallait une attestation de déplacement. Ce document est obligatoire depuis depuis le 16 mars 2020, qui marque le début de l’état d’urgence sanitaire. Wahbi, jeune homme de 18 ans est arrêté, en avril, suite à plusieurs sorties sans le précieux papier. Après quelques jours de détention provisoire, il passe en comparution immédiate.

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Son avocat, pour le défendre, pose alors une question préalable de constitutionnalité, un dispositif juridique qui permet d’examiner la conformité d’une loi avec la Constitution française. Le Conseil constitutionnel statue sur des questions juridiques précises. Il garantit en effet qu’aucune loi ne porte atteinte aux droits et aux libertés inscrites dans la Constitution. L’avocat souligne donc l’absurdité de la procédure : les motifs de l’attestation sont imprécis. Que peut bien représenter un « motif familial » ou un « bref déplacement » ?

Cette chronique judiciaire nous plonge dans les rouages du Palais de justice et montre ainsi comment fonctionne la justice. L’attestation, jugée contraire à la liberté de circuler, n’en est pas moins un dispositif de contrôle, utilisé à grande échelle pendant le confinement. Le Conseil constitutionnel s’empare de la question posée par l’avocat de Wahbi, jugée sérieuse. Finalement, la cour reporte le jugement et libère Wahbi de détention. Il sera finalement relaxé peu après.

Un podcast d’Élise Costa pour Arte Radio. Photo de Une : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur.

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