Que ce soit à la cérémonie des Césars, dans la rue, sur les murs ou sur les réseaux sociaux, cette année a été marquée par une accélération des luttes féministes en France. Un combat qui ne cesse de bousculer les habitudes profondément ancrées dans notre société patriarcale. Depuis sa création, Radio Parleur tend le micro à celles qui se battent pour obtenir enfin une véritable égalité entre femmes et hommes. Dans ce dossier de l’été, retrouvez une sélection de notre travail pour documenter et penser ce mouvement historique.

Au conseil de Paris, ce 24 juillet, elle a « explosé » : Alice Coffin, journaliste, militante LGBT et engagée de longue date dans les combats féministes, vient d’être élue au conseil de Paris. « La honte, la honte, la honte ! » s’écrie-t-elle. Plus bas dans la salle, Christophe Girard reçoit l’ovation de nombreux élus du conseil. La veille, l’adjoint à la culture, proche de la maire Anne Hidalgo, a annoncé sa démission après presque 20 ans de présence dans l’équipe municipale parisienne. En cause : ses liens avec l’écrivain Gabriel Matzneff accusé de pédophilie.

Il affirme ne pas être un proche de l’écrivain, ne plus supporter les accusations fausses à son encontre et les manifestations des associations féministes devant l’Hôtel de ville. Quelques jours plus tard un article du journal Médiapart viendra nuancer ses affirmations et rappeler l’existence de repas, payés par la ville, avec Gabriel Matzneff.

Cette épisode, s’il est avant tout politique marque l’importance prise par les enjeux du féminisme depuis les débuts du mouvement Me Too en 2016, suivis de très nombreuses mobilisations contre les violences faites aux femmes et pour l’égalité des droits. Plus que jamais, les enjeux du féminisme s’imposent maintenant à toute la société française et viennent remettre en cause les habitudes, les traditions et les inégalités d’un système qui n’en finit plus de se découvrir patriarcal.



Quatre reportages pour revivre les luttes féministes de l’année

Collages féministes contre les féminicides à Lille.
« On ne colle pas sur les maisons parce que les gens risquent de se sentir visés ». Photo : Lisa Giroldini pour Radio Parleur.À

À Paris, les femmes de chambre de l’hôtel Ibis en grève

Depuis maintenant plus d’un an, les femmes de chambre de l’hôtel Ibis-Batignolles, dans le XVIIème arrondissement de Paris sont en grève. Elles dénoncent la cadence effrénée imposée par leurs employeurs, les forçant à nettoyer trois chambres et demie par heure. Des conditions de travail qu’elles qualifient d’inhumaines. Le 12 septembre 2019 dernier, elles se sont rassemblées devant le cabinet de Marlène Schiappa, Secrétaire d’État à l’époque chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Un exemple de lutte pour un féminisme qui prend aussi en compte les personnes issues des minorités et des quartiers populaires.

Immersion dans une session de collage féministe à Lille

A l’instar de plusieurs villes françaises, les collages féministes fleurissent sur les murs de Lille. Plusieurs soirs par mois, un collectif de colleuses lilloise se réunit et arpente les rues de la ville, équipé de pinceaux, de colle et de feuilles A4 sur lesquelles on peut lire des lettres, peintes en noir. L’objectif : sensibiliser un maximum de personnes au sujet des féminicides et des violences faites aux femmes.

Les violences conjugales à l’épreuve du confinement

L’année 2020 a été marquée par la crise du coronavirus, et le confinement général imposé aux français.es. Si pour certain.es, le foyer s’apparentait à un refuge et une protection contre le virus, celui-ci n’était pas synonyme de sécurité pour de nombreuses femmes en France. Alors que le système d’aide aux victimes de violences conjugales (numéro d’écoute, centres d’hébergement) ne fonctionne pas toujours correctement en période normale, le confinement n’a pas arrangé les choses.

La crise sanitaire aggrave la précarité menstruelle

Alors que deux ministères devaient organiser des distributions gratuites de protections périodiques, la crise du Covid-19 a stoppé net cet élan. Pire encore, sur les réseaux sociaux, plusieurs personnes se plaignent d’avoir été verbalisées alors qu’elles sortaient de chez elles pour se procurer des serviettes ou des tampons.



Une série, une émission et deux entretiens pour penser le féminisme

À la marche féministe "Nous Toutes" contre les violences faites aux femmes, à Paris, le samedi 23 novembre 2019. Photographie : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur.
À la marche « Nous Toutes » contre les violences faites aux femmes, à Paris, le samedi 23 novembre 2019. Photographie : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur.

Genre aux poings : une série pour comprendre les évolutions récentes des mouvements

Alors que les militant.es féministes sont de plus en plus nombreux.ses dans la rue pour manifester ou afficher leur colère, la série sonore Genre aux poings revient sur les évolutions des mouvements féministes de ces dernières années. Radio Parleur a tendu son micro à cinq femmes, militantes, chercheuses ou concernées. Elles reviennent sur les pensées qui structurent les luttes féministes : l’utilisation de la violence, le pouvoir des mots, les clivages sur l’intersectionnalité, la transmission du savoir militant et les normes appliquées aux corps des femmes.

Retrouvez aussi les cinq épisodes de la série ici : Genre aux poings, la série.

Une émission décryptage à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, dimanche 8 mars, Radio Parleur invite plusieurs figures des féminismes en 2020, sur la place de la République, pour un grand débrief’ collectif de cette journée de lutte. Genre aux poings, l’émission revient sur le dynamisme des féminismes qui s’expriment dans la rue.

En première partie, avec l’historienne Ludivine Bantigny et Huayra Llanque, membre de la commission genre d’ATTAC, Radio Parleur revient sur la grève féministe, un outil qui permet de révéler les tâches invisibilisées assurées par les femmes et de faire le lien entre les sphères professionnelle et domestique.

L’émission est aussi l’occasion de se poser la question des luttes du féminisme à venir et des divisions qui existent au sein des milieux militants féministes. Avec Fatima Benomar, militante féministe (notamment chez Nous Toutes) et autrice, ainsi que Aurore Koechlin, membre du collectif Féministes Révolutionnaires, chercheuse et autrice, Radio Parleur interroge l’intersectionnalité des mouvements féministes, en théorie et en pratique.

Comment le capitalisme détruit le corps des femmes

Françoise Vergès est autrice, politologue et féministe intersectionnelle. Elise Thiébaud est autrice, notamment de Ceci est mon sang. En novembre dernier, elles étaient réunies à Paris à l’occasion du festival Sang Rancune, organisé par le collectif Cyclique. Ensemble, elles ont échangé sur les effets du capitalisme sur les femmes à travers le monde.

Avec le confinement, la charge mentale pèse encore plus sur les femmes

Coline Charpentier est professeure d’histoire et créatrice du compte Instagram ”T’as pensé à ?”, sur lequel elle relève des situations de charge mentale du quotidien, lorsque les femmes doivent penser à tout. Un travail sur un enjeu du féminisme devenu encore plus crucial avec le coronavirus. Depuis le confinement, et la généralisation du télétravail de nouvelles tâches apparaissent, comme celui de faire l’école à la maison. Pour Coline Charpentier, en période de confinement, la charge mentale qui pèse sur les femmes ne s’allège pas, bien au contraire.



L’Hebdo Parleur décrypte les luttes féministes

À la marche "Nous Toutes" contre les violences faites aux femmes, à Paris, le samedi 23 novembre 2019. Photographie : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur.
À la marche « Nous Toutes » contre les violences faites aux femmes, à Paris, le samedi 23 novembre 2019. Photographie : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur.

On se lève et on casse des bouches

A l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, l’Hebdo Parleur revient sur les moments féministes qui ont marqué le début de l’année 2020. Entre la cérémonie des « Césars de la honte », Adèle Haenel, Virginie Despentes… et puis le 7 mars, des manifestations en mixité choisie dans toute la France, très radicales et fortement réprimées. Enfin le 8 mars, des marches plus larges, qui ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de manifestant.es dans toute la France.

C’est pour les zouzs

La fin de l’année 2019 a été marquée par différentes accusations de violences sexuelles de la part de plusieurs femmes artistes et actrices. Parmi elles, Adèle Haenel, qui pointe du doigt le réalisateur Christophe Ruggia, ou encore Valentine Monnier, photographe, qui accuse Roman Polanski de l’avoir violée. Faut-il séparer l’homme de l’artiste ? Est-ce que les « porcs » accusés sont victimes d’un tribunal populaire mené par des féministes assoiffées de sang ?

Le 23 novembre, c’était la marche #NousToutes qui a rassemblé plus de 150 000 personnes dans toute la France, une « vague violette » qui a pu manquer d’un côté plus intersectionnel, d’un soutien plus affirmé aux personnes trans, aux femmes racisées… Prochain objectif : se rassembler autour de combats communs et transversaux, tout politiser et ne laisser personne de côté.

Une compilation réalisée par Zoé Pinet et Louise Bugier. Photo de Une : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur.

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