Iels sont comédien·nes, technicien·nes, danseur·euses ou encore humoristes. Comme dans beaucoup d’autres secteurs, le coronavirus a paralysé le monde de la culture. Sans représentations, ni concerts, le sort réservé aux intermittent·es alarme. Trois se confient au micro de Radio Parleur.

Depuis le 16 mars 2020, c’est le chômage technique pour les intermittent·es. Leur quotidien est teinté de peur, de doute et d’espoir. « J’ai appris à être patiente, confie Ophélie Bazillou, comédienne. Pendant ce confinement, je me suis sentie empêchée de créer. » Qu’à cela ne tienne, Ophélie continue, coûte que coûte, de divertir son public : « J’avais besoin de montrer que j’étais une artiste et une comédienne. J’ai donc décidé de me déguiser et d’interpréter plusieurs personnages connus que je partageais ensuite sur Internet. »

Des annonces, mais aucun texte pour les officialiser

Grande oubliée de la crise du coronavirus, la culture a brillé par son absence. Absente des discours, absente des débats, absente des préoccupations de l’État… Il aura fallu attendre ce 6 mai pour que quelques mots officiels lui soient enfin accordés. Lors d’une allocution, le président de la République a invité les intermittent·es du spectacle et le monde de la culture à imaginer une nouvelle manière de « toucher les publics » en inventant « un autre rapport » avec les spectateur·rices.

La facade du cinéma La Clef dans le Vème arrondissement de Paris. Photographie : Créative Commons.
Certains lieux de culture on trouvé d’autres moyens de continuer leur activité, comme le cinéma occupé La Clef à Paris (75005) qui a diffusé des films en extérieur depuis son toit pendant le confinement. Photographie : Créative Commons.

« Le président n’a aucune réalité des métiers du spectacle. Je ne comprends pas ce qu’il attend de nous », s’indigne Nolwenn Annic, technicienne du spectacle. Pour elle, quand Emmanuel Macron propose aux intermittents de divertir des classes d’écoles et des colonies de vacances, c’est le tollé : « Il dénigre le travail des enseignants et des moniteurs de colo. Il n’y a pas que les comédiens qui peuvent jouer devant un public, il y a aussi les costumiers, les perruquiers, les techniciens… Et eux ne peuvent pas divertir du monde dans des écoles ou dans des colonies, car ils exercent d’autres métiers. »

« Prolongation des indemnisations ? Il a fait ça pour nous calmer… »

 

Pour Fonzie, danseur professionnel et humoriste, la situation actuelle est une occasion de se perfectionner et de préparer l’après-coronavirus : « Ce n’est pas facile tous les jours, mais j’ai décidé de prendre du temps pour apprendre de nouveaux instruments et écrire. Les café-théâtre vont rouvrir. Ce qui compte, c’est que les artistes jouent. Si on remplit une salle de 150 places à moitié, cela fait 75 personnes. C’est déjà bien. On s’adaptera aux nouvelles conditions. On ne lâche rien. »

 

 

 

Parmi les multiples revendications faites, les intermittent·es ont exigé ainsi que leurs droits d’indemnisation soient prolongés, annulations des spectacles obligent. Afin de calmer les esprits, Emmanuel Macron a assuré qu’iels bénéficieraient du chômage jusqu’en août 2021, de quoi rassurer une partie du monde du spectacle. Seulement, pour l’heure, rien n’est encore acté. « J’ai l’impression qu’il a fait ça pour nous calmer. Aucun texte de loi n’est paru pour l’obliger à nous indemniser jusqu’en août 2021, s’inquiète Nolwenn. Est-ce qu’il va vraiment tenir parole ? Ça reste à voir… »

 

Reportage réalisé par Yoanna Sallese. Photo de une : Pixabay

 

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