Le samedi 16 novembre dernier se tenait le festival Sang Rancune, organisé par le collectif Cyclique à la Grande Surface, à Paris. A cette occasion, Françoise Vergès et Élise Thiébaut ont échangé sur les effets du capitalisme et du néo-libéralisme sur les femmes dans le monde.

Comment les corps des femmes sont-ils exploités sous un régime capitaliste ? La question est vaste et la conférence pourrait durer des heures. Pourtant, les mécanismes libéraux mettent constamment en danger la santé des femmes. Françoise Vergès, féministe intersectionnelle, et Élise Thiébaut, autrice notamment de Ceci est mon sang, sont bien placées pour décortiquer les oppressions patriarcales.

Alors en vrac elles évoquent l’esclavage, le colonialisme, le productivisme et le consumérisme. Concrètement, les femmes dans les pays pauvres souffrent des décisions libérales, qui catégorisent les populations selon ce qu’elles produisent ou consomment. Certains corps s’abîment et vieillissent plus rapidement, ceux des femmes dans les usines textiles en Inde par exemple. Et par conséquent selon Françoise Vergès : « vivre en France c’est profiter des siècles d’esclavage et de colonialisme qui ont fondé le capitalisme contemporain, et les oppressions qui l’accompagne. »

Les deux femmes soulignent que les luttes actuelles doivent être transversales. La lutte des femmes grévistes de l’Ibis Batignolles illustre bien la précision de leur combat : des conditions de travail dignes. Mais selon Françoise Vergès : « elles se battent avec courage, persévérance et détermination, des principes à appliquer à toutes les luttes à l’échelle mondiale. »

Le capitalisme affecte toutes les femmes dans toutes les situations de la vie, « dans le travail, la maison, les relations sexuelles, la maternité. » Mais ce n’est pas la même chose « pour une femme de ménage racisée, une travailleuse du sexe ou une bourgeoise. »

Un festival pour lever le tabou sur les règles

Le collectif Cyclique se donne pour but de réfléchir à la santé gynécologique pour transformer le tabou qui règne sur les cycles menstruels. La deuxième édition du festival Sang Rancune a pour objectif d’interroger les normes de genre qui structurent la gynécologie moderne et influencent les corps féminins. Il s’agit donc de remettre en question l’apprentissage de la sexualité et de réfléchir à l’influence du colonialisme et du capitalisme sur la santé dite “féminine”.

La programmation mélange des conférences sur la santé sexuelle ou les hormones, des projections, et des ateliers d’écriture, de massage ou de broderie féministe. Le tout sur le thème des règles et de la santé gynécologique.

Une conférence enregistrée par Sophie Peroy-Gay

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