Le lieu, menacé d’une expulsion imminente depuis le 28 octobre au soir a reçu le soutien de la mairie de Saint-Denis et de la communauté d’agglomération. Mais le spectre d’une expulsion reste présent jusqu’au début de la trêve hivernale, vendredi 1er novembre.

C’est la bonne nouvelle qui est tombée hier, mardi, dans l’après midi. La ville de Saint-Denis annonce une « évolution favorable » concernant la menace d’expulsion qui pèse sur le Landy Sauvage. Sous réserve de la validation puis de la réalisation de travaux de sécurité, les occupant·es pourraient passer la trêve hivernale. Pas suffisant pour rassurer complètement les habitant·es et sympathisant·es de ce lieu culturel alternatif. Seule la préfecture de Seine-Saint-Denis est décisionnaire dans ce dossier et elle ne s’est toujours pas exprimé officiellement à ce sujet.

Anciennement nommé le « Clos Sauvage », le Landy Sauvage, ouvert depuis le mois de mai 2018, est un espace d’activités autogéré à Saint-Denis. Il explore les chemins de l’autonomie et de l’autogestion. On y trouve, entre autres, une salle de spectacle et de projection pour permettre à tout le monde d’exprimer publiquement son art et ses idées. Une AMAP pour intégrer plus de monde à une consommation de fruits et légumes citoyenne efficace. Un atelier d’auto-réparation de vélo dans lequel on peut se fabriquer un vélo et bien sûr réparer le sien. Un espace de troc afin de faire tourner vêtements, livres et affaires diverses plutôt que de jeter et d’acheter, ou encore des espaces dédiés aux associations de soutien aux sans-abris et aux réfugié·es.

Au squat du Landy Sauvage à Saint-Denis le mardi 29 octobre 2018. Photographie : Sarah Belhadi pour Radio Parleur
Au squat du Landy Sauvage à Saint-Denis le mardi 29 octobre 2018. Photographie : Sarah Belhadi pour Radio Parleur

Un lieu populaire dans un quartier en pleine transformation

Depuis le 25 octobre et l’annonce du risque d’une expulsion imminente, le squat est devenu un lieu retranché : fabrication de barricades, mais aussi des personnes qui dorment en nombre sur place et de multiples ateliers d’organisations s’organisent. L’une des anciennes habitantes du quartier : « j’y viens depuis plusieurs années pour participer aux activités, j’y ai fait du handball, du théâtre, c’est un lieu important dans un quartier déshérité ».

Le Landy Sauvage est installé au cœur de la Plaine Saint-Denis, un quartier en profonde transformation. Le propriétaire, l’établissement public foncier d’Ile-de-France, souhaite récupérer le lieu à l’approche des Jeux Olympiques de Paris prévus pour 2024. Tout autour du squat, des nouvelles gares de métro sont en construction, l’université Paris VIII ou encore l’École des Hautes études en Sciences Sociales investissent des locaux à peine sortis de terre. Des logements neuf apparaissent aussi un peu partout. La zone change et est appelé à se gentrifier à l’avenir. « Le Landy Sauvage c’est un lieu d’accueil des personnes précarisées ou sans papiers » explique l’un des occupant·es.

Au squat du Landy Sauvage à Saint-Denis le mardi 29 octobre 2018. Photographie : Sarah Belhadi pour Radio Parleur
Au squat du Landy Sauvage à Saint-Denis le mardi 29 octobre 2018. Photographie : Sarah Belhadi pour Radio Parleur

La mobilisation continue jusqu’à vendredi

Ce jeudi 31 octobre, les occupant·es organisent à la veille de la trêve hivernale, une grande journée portes ouvertes. Au programme des ateliers d’auto-formation à la résistance, une sensibilisation des outils de protection juridique et physique lors des luttes ainsi qu’un forum présentant les luttes sociales en cours dans le département. L’assemblée générale du collectif de résistance a donc décidé de poursuivre l’occupation et la vigilance, tout en se mobilisant pour la construction de l’avenir de ce lieu.

Un reportage réalisé par Sarah Belhadi.

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