Depuis lundi 7 octobre 2019, des activistes d’Extinction Rebellion occupent la place du Châtelet, en plein cœur de Paris. Rejoints par des Gilets Jaunes mercredi soir, les débats se sont cristallisés autour du mode opératoire.


Lundi 7 octobre 2019, le mouvement écologiste Extinction Rebellion amorçait sa semaine internationale d’actions pour le climat dans le but d’interpeller les gouvernements sur l’urgence climatique. À Paris, plusieurs militant.es ont bloqué, dès lundi matin, la place du Châtelet (Paris 4, bientôt fondu dans un arrondissement central regroupant les quatre premiers arrondissements). Ils occupaient aussi le pont au Change, créant ainsi des perturbations en plein cœur de la capitale. 

DJ set et toilettes sèches

Dès les premières heures, plusieurs revendications émergent. Une demande de “vérité sur la crise écologique”, la neutralité carbone “d’ici 2025”, l’arrêt de “la destruction des écosystèmes et de la biodiversité” et la création “d’assemblées citoyennes garantes d’une transition juste, sociale et équitable”. 

L’occupation s’avère très organisée. Installation de toilettes sèches, DJ set, espace camping, distribution de repas… Faya, Gilet Jaune toulousain, a rejoint le mouvement Extinction Rebellion il y a quelques mois : “Ce qu’on arrive à créer ici, c’est un truc de fou ! On donne à manger aux migrant.es. On donne des informations sur la crise écologique et sociale à des gens qui ne sont pas forcément intéressés par ces sujets là.”

Une convergence pas si évidente

Mercredi soir, plusieurs dizaines de Gilet Jaunes montent leur propre cabane sur la place. Un moyen pour eux de montrer leur soutien et leur envie de convergence avec les militant.es d’Extinction Rebellion. Leur arrivée à Châtelet se passe sans problème. La rencontre soulève cependant un point de crispation. Le mode opératoire “non-violent”, revendiqué par Extinction Rebellion, ne plaît pas à tout le monde. 

Autre sujet sensible, l’absence d’intervention des forces de l’ordre après plusieurs jours d’occupation. Youssef, habitué des manifestations de Gilets jaunes, est déconcerté par le peu de forces de l’ordre présentes sur place : “Y’a pas de gaz, y’a pas de matraque, pas de flashball… On voit bien que le mouvement ne va gêner personne.”

Vendredi matin, les militant.es présent.es sur place votent pour la levée d’une partie du camp. Ils veulent se concentrer uniquement sur la place du Châtelet et les quais de Seine alentours. Une décision qui devrait permettre de protéger facilement la zone, devenue plus étroite. Au moment du bouclage de ce reportage, la branche française d’Extinction Rebellion devait toujours prévoir des actions pour le week-end. 

Un reportage de Louise Bugier et Zoé Pinet

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