Ce plateau granitique Limousin évoque Tarnac, et le groupe du même nom. Depuis plusieurs années, un mouvement citoyen s’est créé dans ce coin de la Corrèze pour venir en aide aux personnes migrantes. Et a entamé un bras de fer avec les préfectures locales. Plongée au coeur de cette histoire avec Adrien Giraud.


C’est un territoire à la population disparate, loin des centres urbains où la nature fait l’agenda. Sur le Plateau dans le Limousin, des habitant・e・s se mobilisent pour venir en aide aux réfugié・e・s. Les villages s’organisent pour les faire participer les migrants à la vie quotidienne de Millevaches : jardin potager, cours de français et sociabilisation. Mais les personnes migrantes, aux situations administratives parfois absurdes, et les habitant・e・s doivent aussi faire face aux tentatives d’expulsions et aux OQTF, les Ordres de Quitter le Territoire Français. Des documents signés par les trois préfectures de la Creuse, de la Corrèze et de la Haute-Vienne, qui se partagent l’administration du Plateau.

Un Plateau de résistances contre les préfectures

Bien avant l’arrivée des migrants, le Plateau de Millevaches porte une histoire contestataire et rebelle, héritée d’une longue tradition locale de communisme rural. Revigoré par les arrivées successives d’altermondialistes depuis plusieurs années, l’esprit des lieux favorise la création de solutions alternatives en matière d’accueil.

L’année dernière, un nouvelle préfète est arrivée. Magali Debatte prend son poste le 4 juin dans la Creuse. Avec elle, une volonté affichée de « lutter contre l’ultra-gauche« , et celle d’expulsés les déboutés de la demande d’asile. À l’été 2018, ça chauffe sur le Plateau. Des élu・e・s se battent contre les expulsions, et les font échouer. Ces tentatives d’expulsion ont créé un climat d’opposition avec les préfectures. Ces dernières n’hésitent pas à dérouler des éléments de langages qui fleurent bon l’époque de l’affaire de Tarnac. Adrien Giraud nous plonge dans cet été 2018, où le Plateau de Millevaches s’est soulevé pour protéger ces migrants.

Un documentaire d’Adrien Giraud. Illustration : Damien Di Pinto. Musiques : Neptune Football Club.

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