Ce samedi 17 août sur la Place des Fêtes à Paris, les parapluies se déploient. Les Gilets Jaunes sont équipés à la fois contre ce temps pluvieux de fin d’été, mais aussi symboliquement, en soutien aux manifestants hongkongais en lutte depuis le mois de juin.

Une centaine de Gilets Jaunes s’étaient rassemblées sur la Place des Fêtes avant de rejoindre le reste des manifestants fluorescents Place de la République à 14H. Ce regroupement sous le mot d’ordre « Sortez les parapluies » est un soutien affiché aux mouvements de protestations qui parcourent Hong Kong depuis le mois de juin. Les Gilets Jaunes présent.es y voient une lutte pour plus de démocratie à soutenir et tissent des parallèles entre techniques de manifestations et cas de violences policières.

Didier, Gilet Jaune de la première heure, mobilisé dans les rues depuis l’Acte 1, soutient « entièrement » les manifestants hongkongais. S’il avoue ne pas maîtriser totalement le fond du sujet, il reste solidaire de celles et ceux qui ont parfois arboré des banderoles de soutien aux « Yellow vests » dans la ville aux 7 millions d’habitants.

Mobilisés dès le 9 juin contre la proposition de loi d’extradiction vers la Chine, suspendue depuis, les Hong Kongais réclament aujourd’hui plus de démocratie et la fin des violences policières. Ce dimanche 18 août, la ville enregistre une manifestation monstre dans la ville avec plus de 1,7 millions de personnes selon le Front civil des Droits de l’homme pour porter ces revendications. Celles-ci rencontrent naturellement un écho aux leurs pour les Gilets Jaunes participant à cet Acte 40. Sabrina, équipée d’un large parapluie noir, est venue « soutenir la démocratie à Hong Kong« . Pour elle, le principal lien entre les deux mouvements réside dans la volonté de transparence sur les cas violences policières.

Jocelyne, Gilet Jaune venue en soutien aux manifestants hongkongais. (photos: Romane Salahun pour Radio Parleur)

La jeune femme Gilet Jaune s’irrite par ailleurs de la différence de traitement réservé aux deux mouvements par la classe politique française. « Ici en France, on a tout de suite des terminologies qui associent les manifestants à des casseurs, à des violents« , explique-t-elle. A quelques pas de là, Jocelyne arbore un parapluie costumisé sur lequel on peut lire « Hong Kong, stop repression« . Cette Gilet Jaune à la détermination sans failles, loue comme d’autre « le génie hongkongais » en termes de tactiques et techniques de protestation. »Le coup du parapluie, le coup du laser pour ne pas se faire repérer, cette façon d’être tous solidaires… il faudrait qu’on en arrive là » décrit-elle, se basant sur les images qu’elle observe sur les réseaux sociaux.

Les techniques des hongkongais face aux manœuvres de maintien l’ordre ont en effet été largement relayées sur les réseaux : contre les pluies de bombes lacrymogènes, les manifestant.es se protègent avec des parapluies, leur permettant d’avancer sans risques. Pour les éteindre, ils.elles utilisent des cônes de chantier qu’ils.elles remplissent d’eau. Ils usent de pointeurs lasers pour empêcher la reconnaissance faciale. Avant de s’inspirer des ces techniques, le rassemblement Gilets Jaunes prend la forme d’un cortège et s’élance sous la pluie, empruntant la rue de Belleville, escorté par les gendarmes mobiles. Regroupés sur la Place de la République, les manifestants fluorescents seront violemment dispersés vers 18h.

 

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