L’onde d’indignation après la mort de Steve Maia Caniço a traversé l’Acte 38 des Gilets Jaunes. Dans toute la France, les manifestations rituelles ont dénoncé l’impunité des violences policières qui n’épargne pas le mouvement depuis novembre 2018.

L’affaire Steve, l’affaire de trop

« Ni oubli ni pardon » peut-on lire sur plusieurs pancartes de Gilets Jaunes présent.es en fin de matinée Place de Clichy. Sur la place parisienne, les Gilets Jaunes se rassemblent samedi 3 août. « Inimaginable », « impensable », « intolérable » : les mots sont nombreux pour exprimer la colère. Steve Maia Caniço, éducateur de 24 ans est mort la nuit du 21 juin, soir de la fête de la musique, suite à l’intervention des forces de police sur les quais à Nantes. La mort du jeune homme et les conclusions de l’enquête de l’IGPN présentées par le Premier Ministre Edouard Philippe mardi 30 juillet apparaissent comme l’affaire de trop.

« Je ne pensais pas voir autant de monde, alors qu’il y a les vacances, » s’étonne une manifestante. En plein chassé-croisé des vacances, ils.elles sont plusieurs centaines à avoir revêtu leurs gilets ce samedi. À 12h, les personnes rassemblées observent une minute de silence pour Steve avant d’entonner la Marseillaise. Face à la présence de CRS autour de la place, les esprits s’échauffent. Alors que deux voitures de police balaient le carrefour, des dizaines de manifestant.es s’avancent vers elles, tapant sur les carrosseries, les forçant à faire demi-tour. Le message est clair : la police n’est pas la bienvenue.

« C’est monté d’un cran après la mort de Steve »

Pour Laurent, responsable de la sécurité de la manifestation, « les gens sont remontés à cause de cette histoire donc je crains des débordements […] Il y a les gens qui ont été touchés par des LBD, blessés gravement, esquintés… c’est monté d’un cran après la mort de Steve, et la colère est légitime« . La manifestation s’élance toutefois à 14h dans le calme direction Place de la République. Du cortège, qui déambule escorté par les CRS, des chants de Gilets Jaunes s’élèvent ponctués des slogans « Justice pour Steve ».

De Steve aux Gilets Jaunes, la même violence policière

« On a forcé les gens à fuir dans la mauvaise direction. Je ne suis pas d’accord que l’on perde la vie à cause de ça » ajoute Laurent. Cet Acte 38 cristallise les colères autour des violences policières. « Pas d’amalgame » à faire pour Laurent entre le mouvement en jaune et l’affaire Steve. Le jeune homme ne participait pas à une manif, mais à une fête. Pourtant, pour les Gilets Jaunes, c’est bien la même violence des forces de police qui a causé la mort du jeune homme.

« Ce ne sont pas les forces de l’ordre qui ont tué Steve directement, mais sa mort est la conséquence de leurs actions, » explique Adrien, qui tient une pancarte dessinée portant cette interrogation : « que fait la police ? ». « Nous les Gilets Jaunes, on est victimes des violences policières depuis longtemps. Aujourd’hui, c’est un innocent et gentil garçon qui perd la vie. Il faut que ça s’arrête. » La colère est dirigée contre le Ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, dont les manifestant.es demandent la démission.

Arrivée Place de la République, au pied de l’autel dressé en hommage à Steve, « Yellow Moun », femme Gilet Jaune de la région parisienne et son camarade Yohan comparent leurs blessures, dont ils ont écopé en manifestation. Bleus, cicatrices, leurs jambes et leurs épaules portent les traces des jets de lacrymogènes et tirs de balles de défense. Pour Moun, la première des revendications dans l’affaire Steve, c’est la vérité. Elle n’a confiance ni dans la police des polices, ni dans les promesses gouvernementales de transparence.

Si plusieurs rassemblements étaient organisés sur le territoire, les plus fortes tensions se sont exprimées à Nantes. Suite à un hommage qui s’est tenu sur les quais dans la matinée, environ 3000 personnes (selon France Bleu Océan) ont manifesté dans l’après-midi pour dire stop aux violences policières. Une journée de mobilisation soldée par 42 interpellations et deux blessés, un policier et un manifestant.

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