Ce samedi 20 avril a été marqué par l’acte 23 des Gilets Jaunes. Après une mobilisation de 5 mois, cet acte était attendu comme « l’ultimatum 2 », dans la suite de la journée du 16 mars. Plusieurs lieux de rendez-vous étaient prévus à Paris. Une nouvelle journée marquée par des violences.

D’après le Ministère de l’Intérieur, 27 900 manifestants étaient présents dans toute la France ce samedi pour l’acte 23 des Gilets Jaunes. Parmi eux, 9 000 manifestants se trouvaient à Paris. Christophe Castaner, Ministre de l’Intérieur, avait annoncé en amont de cette journée que plus de 60.000 policiers et gendarmes seraient mobilisés en France. Le secteur des Champs-Élysées, lieu de rassemblement des Gilets Jaunes depuis le début du mouvement, ainsi que le secteur de Notre-Dame suite à l’incendie, étaient interdits à la manifestation. Des rassemblements ont par ailleurs été interdits dans plusieurs villes de France par des arrêtés préfectoraux, à l’instar de Nantes et Rouen. A Paris, le cortège le plus important est parti de Bercy en direction de la Place de la République, où les manifestants ont finis nassés. Un rassemblement a aussi été remarqué près de la Gare du Nord, dans la matinée.

Présente à Paris ce samedi, Dina, militante Gilet Jaune, est venue de Reims. Elle est consternée du traitement médiatique réservé au mouvement des Gilets Jaunes et regrette que les revendications passent après les dégâts matériels. Elle demande « parlez des vrais sujets, que des gens crèvent la dalle avec 1200€ par mois ». Avant d’ajouter « c’est quoi l’image de la France ? C’est Notre-Dame ou le Fouquets qui crament ? Ils sont attachés au matériel mais ici nous sommes attachés à l’humain ».

Entre répression et violences, la presse et les médics au milieu

Un important dispositif policier était mobilisé dans la capitale pour ce samedi ensoleillé. En tout, ce sont 20 518 contrôles préventifs qui ont été faits aux abords des manifestations parisiennes. D’après la préfecture de police, 227 personnes ont été interpellées à Paris. Parmi les personnes visées par les policiers se retrouvaient aussi des street médics, présents et identifiés pour venir en aide aux personnes blessées en manifestation.

En plus des manifestants et des médics, les journalistes ont été particulièrement touchés lors de cette nouvelle journée de mobilisation. Certains, bien qu’identifiés comme journalistes par des sigles sur leur casque ou par des brassard « PRESSE », ont été blessés par des charges policières. David Dufresne, journaliste recensant sur les réseaux sociaux depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes les violences policières qu’on lui rapporte, a comptabilisé dans un bilan provisoire 76 journalistes blessés par la police ces 5 derniers mois de mobilisation, ce qui représente 10% des victimes.

En plus des cas de violences observées, les entraves à la presse se sont aussi traduites par des interpellations. C’est le cas du journaliste indépendant Alexis Kraland, arrêté à Gare du Nord et retenu durant 8 heures en garde-à-vue. Le journaliste Gaspard Glanz, fondateur de l’agence Taranis News, a lui été arrêté en pleine manifestation samedi après-midi, pour outrage à agent et participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations. Sa garde-à-vue a été prolongée de 24 heures supplémentaires. Ce lundi matin, un rassemblement de soutien a eu lieu devant le commissariat du 12e arrondissement où il était retenu, pour demander sa libération.

Un reportage réalisé par Etienne Gratianette et Tristan Goldbronn, avec les photographies de Sylvain Lefeuvre.

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