Les musiciens et musiciennes de la Fanfare Invisible ont organisé samedi 25 août un concert de soutien en compagnie de tous les collectifs de la région qui travaillent au quotidien pour aider les migrant.es, toujours plus nombreux.ses à traverser la frontière.

La traversée de la Méditerranée est plus meurtrière que jamais. Lundi 3 septembre sortait un nouveau rapport de l’agence des Nation Unies pour les réfugiés, estimant que plus de 1600 personnes ont déjà perdu la vie ou sont disparues cette année en tentant de rejoindre l’Europe. La question des migrants reste ainsi plus que jamais d’actualité en Europe, en France, et tout particulièrement sur les points de passage de ces hommes et femmes qui ont tout perdu. Le col de l’Échelle dans les Hautes-Alpes, à six kilomètres de l’Italie, en est un.

Samedi 25 août, des notes de musique résonnent jusqu’au sommet de cimes qui atteignent les 1762 mètres d’altitude. Trompettes, clarinettes, cors et autres flûtes de la Fanfare Invisible enchaînent des morceaux que les oreilles militantes ont plutôt l’habitude d’entendre en manifestation. Nous sommes bien loin des pavés parisiens, sur une route de montagne que de nombreux migrants ont emprunté l’hiver dernier pour franchir la frontière. Un lieu devenu symbolique depuis que le collectif d’extrême-droite Génération Identitaire y a organisé une chasse aux « clandestins » en avril dernier.

L’autocollant du collectif d’extrême droite « Les Identitaires » retrouvé par Joël à coté du refuge solidaire de Briançon.

« Les identitaires sont loin d’être partis. J’ai trouvé un de leurs autocollants il y a trois jours juste à coté du refuge », se désole Joël, responsable du refuge solidaire de Briançon. Joël est l’un des nombreux bénévoles rencontrés par les membres de la Fanfare Invisible pendant leurs vacances militantes. Ces derniers sont également passés chez Marcel ainsi qu’au squat solidaire Chez Jésus. Ils ont bloqué une route en Italie pour dénoncer la politique migratoire européenne et distribué des tracts au marché de Briançon. « Il y avait des gens qui étaient agressifs et qui nous disaient qu’ils ne voulaient pas de migrants chez eux. J’espère que ce n’est pas une majorité « , raconte Juliette, 15 ans, musicienne de la fanfare.

Leur semaine s’est terminée en musique avec ce concert au col de l’Échelle, auquel ont assisté environ 200 personnes (comptage par Radio Parleur). Toutes et tous ont écouté avec émotion les récits de celles et ceux qui œuvrent au quotidien pour soutenir les exilé·e·s. « C’est assez rare pour eux de se retrouver tous ensemble au même endroit. Ils ont souvent le nez dans le guidon et n’ont pas vraiment le temps pour ce type d’événement « , explique Pierre, du collectif les Tabliers Volants, une association de cuisine solidaire qui a régalé les participants.

Le soir, la troupe se retrouve pour l’apéro chez les Croquignards, une association qui rénove une vieille bâtisse dans le village de la Roche de Rame. Un lieu autogéré pour « encourager la solidarité, l’échange, l’entraide, le respect, le développement artistique et culturel, la mixité sociale, la convivialité ».

Autour du feu, on évoque les prochains évènements à suivre, comme le festival Passamontagna ou le procès des « 3 de Briançon », accusés d’avoir facilité le passage de migrants à la frontière. La récente censure du délit de Solidarité par le Conseil Constitutionnel devrait jouer en leur faveur.

Répondre

Please enter your comment!
Please enter your name here