Depuis le début de l’année, près de 2 000 réfugiés ou exilés seraient arrivés en France en provenance d’Italie, en traversant la frontière par les cols aux alentours et dans des conditions extrêmes, avec un risque mortel. Face à cet afflux et à ces dangers, une solidarité montagnarde s’est installée dans le Briançonnais dans le but de secourir les migrants en difficulté. Dans ce quatrième épisode, Radio Parleur vous propose de découvrir le Refuge Solidaire, un lieu qui permet aux migrant.es qui viennent de traverser la frontière de dormir et d’avoir accès aux soins grâce à un premier accueil d‘urgence de quelques jours dans des conditions décentes.

Retrouvez les autres épisodes de cette série : 

Episode 1 – Mamadou

Episode 2 – Dans les montagnes, une solidarité en actes

Episode 3 – Maraude En Montagne

Episode 4 – A Briançon, le Refuge Solidaire accueille les migrants

Episode 5 – Le Squat Solidaire et Sans Frontières de Chez Marcel

Au sous-sol du refuge, l’aide s’organise pour habiller, nourrir et soutenir chaque jour les nouveaux arrivants. Photo : Tristan Goldbronn pour Radio Parleur.

Le Refuge Solidaire à Briançon

On l’appelle la « CRS » ou plus simplement le « Refuge », un lieu d’accueil destiné à abriter et soutenir les migrant·e·s qui passent chaque jour la frontière entre la France et l’Italie. Ici, hommes et femmes ne reste que quelques jours. A peine le temps de se reposer et de reprendre la route vers une prochaine étape. C’est grâce à la Coordination refuge solidarité (CRS) qui se situe à Briançon, qu’un accueil des migrant·e·s a été aménagé. Cet ancienne caserne de CRS a été mise à disposition par la communauté de commune du Briançonnais. En deux ans, plus de 2 000 étrangers originaires pour la plupart de l’Afrique subsaharienne y sont passés. Le Refuge Solidaire permet aux migrant.es qui viennent de traverser la frontière de dormir, de manger, de se laver, d’avoir accès aux soins, à leurs droits et à toutes autres nécessités, grâce à un premier accueil d‘urgence de quelques jours dans des conditions décentes.​ Plusieurs centaines de bénévoles, dont ceux de l’association Tous migrants s’y relaient chaque jour pour assurer la gestion quotidienne de cet endroit (préparation de repas, ménage, lingerie…etc) et conseiller les migrants qui s’apprêtent à partir vers une autre destination. Des bénévoles qui habillent, nourrissent et soutiennent dans leur périple administratif ces voyageur·ses du bout du monde.

Face aux passages toujours plus nombreux, le manque d’hébergements d’urgence

Le lieu accueille régulièrement entre 70 à 80 migrant·e·s par jour, de quoi se trouver rapidement débordé lorsque subitement, les passages se font plus nombreux. Tous les jours, il faut donc parer à l’urgence et trouver sans cesse de nouveaux lieux d’accueil pour ne pas laisser les gens à la rue. Le dimanche 8 avril, les bénévoles des collectifs et associations de Tous Migrants et Chez Marcel, avec les migrant·e·s, ont occupé la gare de Briançon durant trois jours afin de dénoncer le manque de place dans les structures d’urgence. Une situation qui n’a pas plu à la SNCF, laquelle a demandé à la préfecture des Hautes-Alpes d’agir. Le mardi 10 avril, la gare a été évacuée de ses occupants par les CRS, envoyée par la préfecture. Aujourd’hui, avec l’arrivée du printemps et la fonte des neiges, le maire de Briançon et les bénévoles des différentes associations et collectifs mettent en garde l’État face à manque d’hébergements d’urgence patent et une situation qui va s’aggraver.

REPORTAGE PHOTO

 

Reportage : Octave Broutard et Tristan Goldbronn

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