Depuis le début de l’année, près de 2 000 réfugiés ou exilés seraient arrivés en France en provenance d’Italie par le Briançonnais, en traversant la frontière par les cols aux alentours et dans des conditions extrêmes, avec un risque mortel. Dans ce cinquième épisode, Radio Parleur vous propose de découvrir​ le squat de Chez Marcel. C’est là que, depuis l’été 2017, un collectif a rénové une vieille maison à l’abandon sur les hauteurs de Briançon, afin d’y accueillir des demandeur·ses d’asile.

Le squat de Chez Marcel. Photo : Tristan Goldbronn pour Radio Parleur.

Faut-il politiser la question de l’accueil des migrant·e·s ?

« Vous avez pris contact avec Chez Marcel ? C’est un squat, il faut que vous les rencontriez… eux, c’est très politique » sourit Vincent, un bénévole de l’association Tous Migrants, qui gère l’accueil de ces derniers à Briançon, au refuge solidaire de la CRS. Dans la région, certains refusent de politiser la question des migrants, qui est d’abord une question humanitaire selon eux et les occupants de Chez Marcel se trainent une petite réputation de militants radicaux. « Si une action hors du cadre ou une manif sauvage a lieu à Briançon : c’est de nous que ça vient et c’est un peu clair pour tout le monde » rigole Laura, 21 ans et habitante de Chez Marcel, avant de souligner la complémentarité des deux collectifs et de leurs approches malgré les différences. Avec ses panneaux solaires à flanc de montagne, ses caravanes un peu de guingois dispersées dans le jardin et sa grande banderole blanche « Ouvrons nos frontières » accrochée sur la façade décrépie de la maison, difficile de rater le squat de Chez Marcel. Située sur les hauteurs de Briançon, dans la commune du Puy-Saint-Pierre, cette vieille bâtisse fait aujourd’hui l’objet d’un conflit en justice entre les ayants-droits de l’ancien propriétaire. Un conflit qui s’éternise depuis maintenant six ans et qui a permit l’installation d’un lieu autogéré, collectif et multiculturel.

« Ici personne n’est propriétaire, c’est un lieu de vie qui appartient à tout le monde »

« Ce lieu, à la base, on l’a ouvert pour palier à la fermeture probable du Centre d’Accueil Orientation de Briançon, où une douzaine de Soudanais étaient hébergés. On voulait surtout éviter qu’ils se retrouvent à la rue » se rappelle Laura. A présent, les premiers occupant·e·s sont partis et ils ne restent d’eux et des débuts des travaux que quelques photos épinglées sur un mur de la cuisine. Mais le squat de Chez Marcel perdure et ne désemplit que rarement, car les migrants continuent d’affluer par centaines à Briançon depuis le blocage de la vallée de la Roya, dans les Alpes maritimes. Une sorte de seconde vie pour cette maison initialement à l’abandon et rebaptisée « Chez Marcel » en mémoire de l’ancien propriétaire, Marcel Amphoux.

REPORTAGE PHOTO

 

Photographie : Tristan Goldbronn pour Radio Parleur
Reportage : Octave Broutard et Tristan Goldbronn


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