Le 26 mars 2022, des milliers de personnes protestent contre la construction d’énormes réserves d’eau dédiées à l’agriculture dans le Marais Poitevin, surnommées « bassines ». Un mois plus tôt, le deuxième volet du 6e rapport du GIEC est publié. Dans le vacarme assourdissant de la guerre en Ukraine, ses sirènes d’alarme sont presque inaudibles. Il alerte pourtant sur de nombreux dangers, comme la réduction prochaine de la disponibilité des ressources en eau à l’échelle planétaire. Sommes-nous à l’abri de « guerres » de l’eau en France ?

 

Nos invités:

  • Nicolas Girod est porte-parole de la Confédération Paysanne. Ce syndicat agricole français fait partie de la campagne des Soulèvements de la Terre et s’oppose à la construction de bassines.
  • Joël Limouzin est vice-président de la FNSEA et président de la chambre d’agriculture de Vendée. La FNSEA, syndicat agricole majoritaire en France, défend la construction de réserves d’eau.
  • Arnaud Schwartz est président de France Nature Environnement. FNE fédère des associations de protection de la nature et de l’environnement.

L’eau fait partie du patrimoine commun de la nation

Avec la loi sur l’eau de 1992, l’eau entre dans le patrimoine commun français. Par conséquent, elle nous appartient formellement à toutes et à tous. Cela nous est rappelé chaque fois que nous ouvrons un robinet. Ce n’est donc pas étonnant que cette ressource cristallise quelques tensions. Les bassines, ou réserves d’eau, visent à prélever de l’eau des nappes phréatiques en période d’abondance. Pour ensuite la stocker et l’utiliser lorsque la ressource sera moins disponible. Les opposant·es à ces projets dénoncent la privatisation d’un bien commun au service d’une agriculture trop gourmande en eau. Pour ses défenseur·ses, c’est au contraire une manière de soutenir les agriculteur·ices, déjà mis en difficulté par le réchauffement climatique.


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Demain, quels usages de l’eau privilégier ?

Le constat est donc partagé. D’une part le réchauffement climatique oblige les agriculteur·ices à adapter leurs pratiques. Mais d’autre part, toute la société doit aussi repenser ses usages de l’eau. Les prélèvements en eau dans les nappes phréatiques et les cours d’eau sont stables depuis les années 2000. Mais les besoins pour tous les usages augmentent régulièrement. Est-ce donc légitime d’utiliser de l’eau douce et filtrée pour arroser des champs de maïs ? Est-il prioritaire de préserver l’existant en s’appuyant sur des avancées technologiques comme l’a récemment prôné Emmanuel Macron ? Ou faut-il, dès à présent, changer drastiquement de modèle de société, comme le prône la Confédération Paysanne pour éviter de nouvelles guerres de l’eau ?

Animation : Lou Bonnefoy. Co-animation : Martin Bodrero. Production : Tristan Goldbronn, Lou Bonnefoy et Martin Bodrero. Réalisation : Martin Bodrero. Visuel de Une : Nollaig Dipode.

1 COMMENT

  1. Je ne sais pas si cela pourrait être une solution, si notre consommation d’eau est vraiment le problème, mais je ne prends presque plus de douche : je me lave avec un gant, au robinet, comme avant. On utilise beaucoup moins d’eau pour tout dans notre vie en général et on s’en porte …. Tout aussi bien !

    Je me demande pourquoi il n’y a pas encore de système par exemple, d’eau qui tourne en boucle, pour prendre les douches ou faire la vaisselle par exemple. De l’eau immédiatement nettoyée chez nous avec un système spécifique, afin que nous puissions la réutiliser sans la gaspiller.

    Et puis il faut tout simplement apprendre à être plus sobre. Le véritable problème c’est qu’on utilise trop d’eau dans les grandes entreprises pour derrière encore plus polluer. Mais tout le monde doit prendre cette responsabilité : les entreprises, les politiques et tous les citoyens. On est tous sur la même planète. Nous avons toutes et tous des responsabilités.

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