Volutes, c’est l’émission des imaginaires politiques, en partenariat avec la maison d’édition La Volte. Chaque mois, plongez dans les pensées d’auteur·ices qui combinent créativité, puissance des mots et engagement politique. Deuxième épisode de cette nouvelle saison, où l’on explore en podcast les appétits militaro-industriels pour le fandom de la science-fiction.

Comment contrer les soft powers, ces pouvoirs industriels, étatiques, militaires, qui ont besoin d’une belle vitrine pour leurs activités ? Aujourd’hui, leurs stratégies d’influences concernent de plus en plus le milieu du fandom de science fiction. L’armée et l’industrie du nucléaire en particulier ne s’y trompent pas : pour avoir l’air cool, c’est là qu’il faut s’afficher. Au festival des Utopiales, en 2019, le Ministère des Armées est venu lancer sa démarche de recrutement d’auteur·ices de SF. Cette Red team a pour projet d’imaginer les guerres futures, cependant que l’Andra, l’Agence nationale de gestion des déchets nucléaires, organisait des ateliers d’écriture.

Guerres spatiales et gros vaisseaux

Les gros vaisseaux spatiaux, les robots et l’innovation technologique servent de point d’appui pour faire réfléchir les auteur·ices au futur. Mais attention, pas n’importe quel futur : celui des guerres spatiales, dans lequel ce sont ces industries qui posent les questions. La science-fiction étant sommée d’y répondre. Alors, la science-fiction, cheval de Troie de lobbies prêts à tout pour redorer leur image ? Zone d’influence, territoire à occuper, ressource de pouvoir comme une autre au service d’intérêts institutionnels, économiques, ou très privés ? Dans le fandom, tout le monde ne l’entend pas de cette oreille.

« Pourquoi est-ce que c’est si facile de mettre ces imaginaires-là à son service ? Parce qu’on est pauvres, c’est donc le rapport de force est en notre défaveur », explique Léo Henry. L’armée et l’industrie du nucléaire qui s’invitent dans les festivals de SF sont des partenaires au portefeuille bien rempli, qui paient les sandwiches, et apportent un soutient financier non négligeable. 

Et si la mobilisation des publics, des lecteurices, des communautés était un moyen de préserver des espaces d’expression et de création pleinement démocratiques, au service du collectif ? Quels sont les armes du fandom pour résister à ces pouvoirs d’influence, qui utilisent la hype des littératures de l’imaginaire ?

Nos invité·es :

  • Anne Canoville est libraire et responsable littéraire des Intergalactiques depuis 2018. Elle est aussi co-fondatrice du fanzine pop-culture & militant lyonnais BosKop.
  • Léo Henry est auteur de science-fiction, son dernier roman, Thecel, est paru en 2020 aux éditions Folio SF.
  • Lorraine, militante féministe, elle travaille sur les luttes anti-nucléaires, dont celle contre l’enfouissement des déchets à Bure, dans la Meuse, et croise cette expertise avec les imaginaires de la SF par le prisme des luttes.

Sur le même thème : La propagande anarchiste dans les littératures de l’imaginaire – Volutes S02E01


Volutes est une émission originale de La Volte et de Radio Parleur, diffusé chaque dernier vendredi du mois sur le podcastPagaille. Pour penser les imaginaires politique, auteurs et autrices racontent leurs engagements politiques avec leurs mots et leur poésie. Iels analysent et critiquent les formes littéraires depuis trop longtemps « mauvais genres » de la littérature que sont la science-fiction, la fantasy et tous leurs sous-genres.

Un podcast produit par Violette Voldoire et Stuart Calvo. Animation, montage et mixage : Violette Voldoire. Identité sonore : Etienne Gratianette (musique/création).

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