Cette semaine dans Pensez les luttes, on parle mémoire, et statues taguées. Doit-on repenser le rôle des figures historiques impliquées dans l’esclavage ou la colonisation ? Le débat fait suite aux récentes mobilisations contre le racisme et les violences policières. Des jeunes hommes et femmes posent la question : faut-il actualiser notre roman national voire carrément, le déchirer ?

Nos invitées : 

Aurore Chery est docteure en histoire moderne et chercheuse associée au LARHRA, le Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes. Elle a soutenu une thèse sur l’image de Louis XV et Louis XVI. Elle a aussi co-écrit l’ouvrage « Les Historiens de garde » la résurgence du roman national aux éditions Libertalia.

Nacira Guenif est sociologue enseignante à l’université Paris VIII. Ses recherches portent sur les questions de genre et d’ethnicité, le rapport entre immigration et intégration dans les sociétés contemporaines ainsi que la déconstruction des stéréotypes raciaux.

Sur le même thème : Ecoutez notre reportage lors de la manifestation du 13 juin La « Génération Adama » tient la rue contre les violences policières.

Dimanche 21 juin, une statue de Louis Faidherbe, général français impliqué dans la colonisation du Sénégal a été retrouvée recouverte de peinture rouge à Lille. Mardi 23 juin, c’est celle de Colbert, auteur du « code noir » qui a été marquée d’une inscription « Négrophobie d’état » à Paris devant l’Assemblée Nationale.

Les mouvements internationaux contre le racisme et les violences policières nés de la mort de George Floyd aux États-Unis ont rouvert, une fois de plus, le débat sur notre histoire. En effet, on enseigne beaucoup celle de la France, de l’État et ses institutions mais pas forcément celle de tout les français et françaises.

La statue du général Louis Faidherbe à Lille au coeur d'un débat sur l'héritage de ce militaire impliqué dans la colonisation du Sénégal. Photographie : Créatives commons
La statue du général Louis Faidherbe à Lille est au cœur d’un débat sur l’héritage de ce militaire impliqué dans la colonisation du Sénégal. Photographie : Créatives commons

Une mémoire de la colonisation encore passée sous silence

De nombreuses personnes, issues ou non de communauté immigrées dans l’Hexagone, réclament donc de repenser ce que l’on nomme parfois le roman national. Ils et elles souhaitent l’actualiser pour laisser plus de place aux faits les plus méconnus de l’histoire de France. Parmi eux : les conséquences historiques de la colonisation et de l’esclavage pratiqué pendant quatre siècles par des citoyen·nes français·es.

Alors, faut-il actualiser le roman national ? Faut-il carrément le déchirer pour raconter autrement notre passé à tous et toutes ? Au-delà de ces questions, quelle place pour les identités multiples des citoyen·nes français·es en 2020. C’est le thème de votre podcast Pensez les luttes cette semaine !

Une émission présentée par Martin Bodrero. Production : Martin Bodrero et Romane Salahun. Photographie de une : Viktor Poisson pour Radio Parleur

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