L’exécutif sur un fil. L’application StopCovid, censée permettre de tracer les chaînes de contamination par le coronavirus, est entre les mains des géants du numérique. Les présidents des groupes parlementaires ont finalement tranché pour qu’elle fasse au moins l’objet d’un vote à l’Assemblée. Pour Miguel Benasayag, il y a bien dans cette crise sanitaire une avancée inquiétante de la surveillance d’État, et une victoire du biopouvoir.

À quoi ressemblera le monde d’après la crise sanitaire ? Pour le philosophe Miguel Benasayag, auteur de La tyrannie des algorithmes paru en octobre 2019 aux éditions Textuel, un double coup d’accélérateur se fait déjà sentir. Tout d’abord du côté de la société de contrôle, dont les outils s’affûtent et voient leur usage s’étendre. Néanmoins, c’est aussi la conscience de nos liens avec la nature qui, face à la pandémie, se fait présente à nouveau.

Ne pas se laisser impressionner, c’est résister

L’expérience de l’isolement à travers le monde est une épreuve que les « skypéros » ne permettent pas vraiment de rendre moins pénible. Pour Benasayag, c’est la distanciation des corps, cette présence impossible à travers un écran, qui s’y laisse sentir. Faire cette expérience, c’est aussi en éprouver les causes, et retrouver les outils politiques pour interroger notre situation actuelle.

Dans cet entretien, Miguel Benasayag appelle à ne pas céder à la peur du coronavirus, cette peur de la mort qui nous saisit face à la courbe du nombre de morts en constante augmentation. La peur est la voie qui mène à un peuple discipliné par le biopouvoir. Face à un projet de surveillance généralisée, ne pas se laisser impressionner, c’est aussi résister.

Les Covid19 Chronicles de Frank Barat sont à retrouver ici, sur Youtube et Facebook.

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Miguel Benasayag est philosophe et psychanalyste. Il fait partie du collectif « Malgré tout ». Dans cet entretien avec Frank Barat, il esquisse l’après coronavirus, qui ne sera guère différent du présent si le peuple ne se soulève pas.

Un entretien produit et réalisé par Frank Barat du collectif Ballast. Photo de Une Cyrille Choupas

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