L’Hebdo Parleur, c’est votre mise à jour sur l’actualité des luttes sociales. Votre podcast pour faire le tour des sujets forts de la semaine avec les reporters de Radio Parleur … directement dans vos oreilles !

Cette semaine dans l’Hebdo Parleur : « Métro, boulot, caveau. »

Merci, mais non merci ! Si Denis Brogniart, présentateur de Koh Lanta, n’a pas de chaussures en grève, si le gouvernement sue à grosses gouttes devant le taux de grévistes dans la fonction publique et dans le privé, si Édouard Philippe se plie comme un origami niveau 1 devant les revendications des CRS qui veulent garder leur régime spécial, c’est qu’il y a un fumet de trouille. La trouille d’une France bloquée, d’un An 01, on arrête tout et on réfléchit.

Pendant que l’équipe de campagne de Benjamin Griveaux, candidat LREM à la mairie de Paris, distribuait des codes de réduction de taxi aux parisien·nes pour qu’ils et elles aillent travailler en voiture le jeudi 5 décembre, l’équipe de Radio Parleur se levait du bon pied.  

Ce matin-là, Paris est déserte, pas de bagnoles, pas de bus, les gares sont vides, les magasins fermés. C’est ça, le son d’une grève générale. Quand la nature reprend ses droits… et que les oiseaux sifflotent les chants des Gilets Jaunes pour pas se faire oublier.

Jeudi 5 décembre, Sophie Peroy-Gay, Violette Voldoire et Etienne Gratianette assurent la couverture de la manif en direct live, alors que le reste de l’équipe est également sur le terrain pour des live-tweets et du reportage en podcast. Il ne fallait pas être moins de trois pour relever les pertinentes remarques parmi le quasi un million de manifestant·es qui n’ont rien compris au projet du gouvernement : sauver les baleines et la justice sociale. En gros.

L’égalité, la justice sociale, ça veut dire niquer le système

Le gouvernement a ainsi deux objectifs : nous faire bosser plus longtemps et casser les régimes spéciaux. Ceci étant dit, réglons de suite l’idée que les régimes spéciaux représentent un quelconque privilège. C’est spécial, parce que spécialement taillé pour chaque corps de métier. En plus du régime, non de bananes, mais de base, nous touchons un complément de retraite, et des avantages sociaux adapté à chaque profession 

Faisant fi de toute rationalité et faisant feu de tout bois, les portes-paroles d’Emmanuel Macron judicieusement positionné·es au chaud dans leurs ministères opèrent un tour de passe-passe rhétorique d’une grossièreté crasse : l’égalité, la justice sociale, ça veut dire niquer le système.

Les retraites c’est la nouvelle taxe carburant

Le gouvernement envoie donc ses meilleurs éléments sur le terrain pour dissiper les craintes. 1€ cotisé, vous aurez, nous aurons chacun et chacune la même retraite de base, plus une revalorisation en fonction d’un point d’indice. Les fonctionnaires connaissent très bien le principe, le point d’indice qui doit faire augmenter leur salaire est gelé depuis pas loin de dix ans.

Plusieurs idées, élaborées par des économistes et des chercheurs en sciences sociales, sont pourtant intéressantes mais n’ont pas été retenues par le gouvernement. Augmenter les salaires, et donc les cotisations retraite, par exemple. Cela priverait le capital d’une partie de son revenu qui reviendrait au travail, et ça, c’est sheitan paraît-il.

Dans la rue, les syndicalistes d’hier et les têtes blanches d’aujourd’hui rappellent qu’il n’y a pas que les retraites, une période bénie ou l’on peut enfin vivre pour soi, débarrassé à la fois de sa marmaille et dans le meilleur des cas de ses parents invasifs et racistes, et tout au moins de ses patrons imbéciles. Il n’y a pas que ça. Il y a tout le reste, toute cette aspiration au droit à l’existence, qui ne sois pas seulement « travaille, consomme, et ferme ta gueule. » Les retraites, c’est le new « taxe carburant ». Ça n’a l’air de rien, mais ça change tout.

Tous les sujets en intégralité :

Pour écouter les épisodes précédents de l’Hebdo Parleur, notre playlist :

L’Hebdo Parleur préparé cette semaine par Violette Voldoire, Etienne Gratianette, Sophie Peroy-Gay.

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