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Cette semaine dans l’Hebdo Parleur : « C’est pour les zouzs »

Elle accusent, c’est chaud. D’Adèle Haenel qui pointe Christophe Ruggia, réalisateur prétendant l’avoir « découverte », à Valentine Monnier, photographe qui raconte l’atroce viol dont elle accuse Roman Polanski, les femmes artistes et actrices agissent et font du name and shame indispensable. Il faudrait séparer l’homme de l’artiste, entend-on sur les radios du siècle passé. Ce sont surtout les victimes qui sont coupées. Comme dit Adèle Haenel, coupées en deux, pour survivre au traumatisme.

La préoccupation séparatiste est en train de se fissurer dans le monde feutré du cinéma. Maintenant on a le droit de dénoncer les saloperies sexistes sans être traité de kapo ou de collabo qui s’ignore. Merci #MeToo. Problème : le new « séparer l’homme de l’artiste » c’est « le tribunal des réseaux sociaux ». Eric Brion, le premier « porc » balancé sur Twitter France, en a fait sa ligne de défense. Sa vie est détruite, dit celui qui as reconnu avoir dit à Sandra Muller, journaliste, « je vais te faire jouir toute la nuit. »  

Bien séparer les choses, voilà le maître mot lorsqu’on parle de violences faites aux femmes. Sinon le monde s’indifférencie, s’uniformise, nous serions des androgynes mécaniques dignes d’un mauvais film de science-fiction. #Fatigue.

Lundi 25 novembre, le premier ministre Edouard Philippe conclue le Grenelle des violences conjugales par une citation littéraire de… Bigflo et Oli. Séparer la communication politique de la réalité que ces décisions concerne. Quoi de mieux que de débiter du rap français de manière gênante, pour prendre des mesures à budget constant ? Soit faire « jeune » en n’accordant de l’autre main pas un euro de plus ? Derrière il y a des histoires, des vraies. 

Le gouvernement annonce plusieurs mesures, dont 1 000 nouvelles places d’hébergement, la mise en place d’un dispositif électronique anti-rapprochement ainsi qu’un audit de 400 commissariats et gendarmeries pour améliorer le dépôt de plainte des femmes. Des broutilles. 220 000 femmes sont victimes de violence chaque années, 138 femmes sont mortes depuis le 1er janvier 2019.

Le samedi 23 novembre dernier, la seconde marche organisée par le collectif #NOUSTOUTES rassemble au moins 150 000 personnes dans le pays. C’est près de cinq fois plus que l’année dernière. La comique Marie s’Infiltre se radine avec deux mecs torses poil pour que les féministes les fouette. Les féministes elles aiment pas les hommes. Du coup. Amusant. Les proches des femmes assassinées apprécieront.

De vraies questions qui se posent sur cette marche. Le nombre réduit de messages de solidarité pour les luttes de femmes trans, ou racisée par exemple. Il y en avait, un peu, ne gâchons pas notre plaisir.

Se rassembler autour de combats transversaux, intersectionnels n’est pas toujours simple… certaines le font bien, comme les féministes à Bure. Féminisme + lutte antinucléaire = weekend féministe non inclusif de lutte qui fait du bien.

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