D’habitude, ils passent leur temps à dire qu’il y a des murs infranchissables entre eux. Dimanche 30 juin, ils étaient ensemble pour parler refondation de la gauche. Qui ? Des membres du Parti Communiste, de la France Insoumise, d’EELV, du NPA, mais aussi le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, la porte-parole d’ATTAC Aurélie Trouvé… Sous l’impulsion de Clémentine Autain et d’Elsa Faucillon, tout ce beau monde essaie de dépasser ses propres agendas pour former un pôle qui fasse référence à gauche.

Pas de Front de gauche bis

« On n’a jamais essayé de prendre les choses comme ça ! » Olivier Besancenot prend la parole dans les derniers, lors de cette journée surchauffée. Sous le chapiteau du cirque de la famille Romanès dans le XVIe arrondissement de Paris, le programme du « BigBang de la gauche » affiche les noms de Clémentine Autain pour la France Insoumise, d’Elsa Faucillon pour le PCF et de Guillaume Balas pour Génération.s. Voilà pour les poids les plus lourds des formations politiques. On trouve aussi des militants des quartiers populaires et – plus étonnant – le secrétaire général de la CGT flamboyant dans un polo rose.

Côté organisation, c’est Ensemble!, petit parti de gauche dont est membre la députée insoumise, qui monte la sono et change les fûts de bière. « On a été un peu débordé, on n’avait pas prévu que tant de gens viendraient de Province« , sourit Clémentine Autain. Son pari est réussi : rassembler avant les vacances des têtes militantes connues pour former un pôle de gauche écologiste et transversal. « L’idée c’est de former un archipel ouvert. » Pas de bis repetita du Front de Gauche, alors ? « Si c’est ça, nous n’en serons pas, » dit Aurélie Trouvé, porte-parole d’ATTAC. « Pour l’instant, les conditions sont réunies pour qu’on puisse discuter entre partis politiques, organisations et syndicats. Mais cela ne marchera que si notre autonomie est respectée. » Pas question donc de servir de rampe de lancement à une candidature Autain 2022.

Un gadget de plus à gauche ?

Clémentine Autain veut « moins de listes de gauche aux prochaines élections. » Elle sait que peser sur des alliances locales sera difficile aux municipales, où les logiques d’appareils sont bien différentes des scrutins nationaux et seront peu sensibles à un mouvement « archipélique » sans agenda commun. D’autant plus que Jean-Luc Mélenchon tourne le dos à ce bigbang, entraînant avec lui nombre d’Insoumis. Une tribune publiée dans le JDD le matin de l’événement répond aux nombreux textes de l’élue de Seine-Saint-Denis pour plaider sa cause. « Si on passe notre temps à s’insulter c’est l’avenir qu’on insulte, » martèle-t-elle au micro des journalistes présent・es. Sous le chapiteau, Olivier Besancenot soulève la foule accablée de chaleur. « On nous dit qu’on n’a aucune chance, alors saisissons-la !« 

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