Camille Polloni, journaliste du site Les Jours et Taha Bouhafs, journaliste à Là-bas si j’y suis, ont débattu à propos des violences policières et du rôle des journalistes dans leur traitement. Une discussion organisée après la diffusion du film L’Époque au cinéma les 3 Luxembourg.

Comment les violences policières se sont-elles retrouvées sur le devant de la scène médiatique ? Quelles sont les positions des journalistes qui en sont les témoins sur le terrain et dans leurs rédactions ? Taha Bouhafs et Camille Polloni, respectivement journaliste à Là-Bas si j’y suis et aux Jours, déroulent le fil de cette question éminemment politique. Leur premier constat est celui d’une relative impuissance : jamais les violences policières n’ont été aussi largement documentées dans l’histoire française récente, et jamais le journalisme n’a provoqué de réaction aussi faible de la part du pouvoir qui persiste à les minimiser, voire à les nier. Reste la prise de conscience de la part de la population de l’existence et de l’étendue du problème qui a largement augmenté ces dernières années. Mais avec l’Etat d’urgence en 2015 à la récente loi dite « anticasseurs », durant lesquelles l’arsenal judiciaire et policier s’est incroyablement renforcé, il devient difficile de faire son travail. Les deux journalistes expliquent alors leur tactique : construction de ponts et pas de côté, afin de continuer à raconter et à donner des outils pour mieux comprendre et se défendre.

L’époque, un film de Matthieu Bareyre.

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