Nouveau coup dur pour les salarié·es de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve dans le Nord. British Steel, l’actuel repreneur du site industriel aux 280 emplois menacés, est en dépôt de bilan depuis le 22 mai. Un revers qui n’est pas le premier pour les employé·es sidérurgistes en lutte pour leur survie depuis plusieurs années. Bruno le Maire, ministre de l’économie, les recevait jeudi 23 mai à Bercy pour apaiser leurs craintes, transformées en désespoir.


« Nous croyons en ce projet de reprise d’Ascoval par British Steel et nous croyons en l’avenir d’Ascoval ». Bruno le Maire, ministre de l’Economie et des Finances se veut rassurant à l’issue d’une rencontre jeudi 23 mai avec les salarié·es de l’aciérie Ascoval dans le Nord. Il a obtenu du repreneur britannique qu’il rende visite à ces salarié·es en fin de semaine prochaine. Alors que ce dossier industriel est particulièrement sensible à quelques jours des élections européennes, Edouard Philippe, le chef du gouvernement, était lui aussi monté au créneau dans la matinée, affirmant que « les salarié·es d’Ascoval peuvent être rassurés sur le fait que le repreneur est déterminé à tenir les engagements qu’il a pris ».

« Physiquement, psychologiquement on est fatigué·es »

Pas d’affolement, c’est en substance le message de Bruno Le Maire, qui conseille en conférence de presse de « garder sa sérénité ». Difficile pourtant de conserver son calme après autant d’années d’incertitudes pour les salarié·es de l’aciérie de Saint-Saulve, non loin de Valenciennes. Balloté·es au gré des annonces de potentiels repreneurs et du ministère de l’Economie, la lutte pour la sauvegarde de leurs 280 emplois continue. « On est touchés mais pas coulés », maintient Nacim Bardi, délégué syndical CGT. Mais après l’échec des précédentes négociations avec l’entreprise Ascométal en novembre 2018, puis la reprise avortée par le groupe franco-belge Altifort en février 2019, l’espoir n’y est plus. « On ne croit en plus rien […] On a cru en Ascométal, on a cru en Altifort, ils sont tombés. On a cru en British Steel… et ils tombent en Grande-Bretagne ». Certain·es ouvrier·es hésitent à quitter le navire. « Physiquement, psychologiquement on est fatigué·es. On nous a toujours expliqué que c’était des projets cohérents et au final il y a toujours eu un problème financier », déplore le syndicaliste.

« Nous, on veut des garanties »

Pourtant Bercy l’assure : la reprise d’Ascoval ne serait pas menacée par la faillite de British Steel, qui emploie 5000 personnes en Grande-Bretagne et 20 000 personnes indirectement. Le rachat de l’usine est opéré par la maison-mère de British Steel, Greybull Capital, éparpillant les risques qui pèsent sur les possessions de British Steel. Les salarié·es d’Ascoval, quant à eux, demandent en urgence des garanties, notamment à l’actionnaire principal du groupe lors d’une rencontre le vendredi 24 mai.

Si la reprise tient debout, un autre défi s’ajoute pour les salarié·es : la réadaptation de leur activité pour s’insérer dans la production de British Steel. Un savoir-faire et un matériel de production à copier sur l’usine France Rail d’Hayange (Moselle), détenue par le sidérurgique britannique, connue entre autres pour la fabrication d’acier plat servant à la confection de chemins de fer. Enfin, encore faut-il que celle-ci ne soit pas non plus touchée par la faillite du groupe, ce qui n’est pas sans causer certaines inquiétudes chez les salarié·es d’Hayange. Les incertitudes demeurent donc, ainsi que le flou sur le sort des 280 salarié·es.

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