Interrompant le balais des voitures nerveuses place de l’Opéra, le cortège de la manifestation des employé.e.s de la sous-traitance de l’hôtel de luxe Hyatt Paris-Vendôme écarquille les yeux des promeneurs dans ce décor doré. « Sous-traitance, maltraitance ! » chantent haut et fort les quatre femmes, vêtues de pagnes africains bariolés, en tête du défilé. Vendredi 5 octobre 2018, le personnel de service de l’hôtel de luxe, en grève depuis le 25 septembre, s’était donné rendez-vous rue de la Paix, pour une manifestation costumée. Leurs revendications ? Mettre fin à la sous-traitance et obtenir de meilleures conditions de travail.

 » Dans sous-traitance, il y a le mot traite »

Plongeurs, personnels d’entretien, agents de sécurité.. Une cinquantaine d’employés sont réuni-e-s devant les portes massives de l’hôtel de prestige à 12h30. Des montagnes de confettis jonchent le sol devant l’entrée au tapis rouge, mais le ménage ne sera pas fait. Si le rassemblement apparaît très festif, les chants cachent une colère vive. « Nous venons revendiquer nos droits! «  indique Dounga, femme de chambre employée par la société sous-traitante STN, en brandissant un drapeau CGT. En premier lieu, elle réclame le droit à « une égalité de traitement » grâce à l’internalisation dans les effectifs de l’hôtel. Cette intégration permettrait une plus grande stabilité de l’emploi et une meilleure représentation syndicale pour ces salarié.e.s qui « en ont marre de changer d’entreprise tous les trois ans ».

Lutte de solidarité

Les représentant.e.s CGT présent.e.s sur place revendiquent également une augmentation des salaires pour les salarié.e.s intégré.e.s.  « Nous, vu qu’on a déjà fait la grève, on arrive à 1600€ » souligne une autre femme de chambre, employée par le sous-traitant. Effectivement, les salarié.e.s de STN n’en sont pas à leur premier coup d’essai, ayant mené deux précédentes grèves, réussissant à faire augmenter leur rémunération. Une persévérance qui rayonnerait sur l’ensemble des salariés de l’hôtel de luxe avec l’intégration des salariés de la sous-traitance comme levier pour tirer les salaires du personnel de la maison Hyatt vers le haut.  » Nous sommes égaux » : voilà le message martelé à l’unisson par tou.te.s les travailleur.euse.s dans la rue.

 

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