Ce jeudi 20 septembre au matin, la devanture du tribunal de grande instance de Nanterre est investie par une cinquantaine de postier.e.s du 92 et leurs soutiens, banderoles et drapeaux déployés. En grève depuis presque 6 mois, ils sont là, une fois de plus, pour soutenir leur délégué syndical Gaël Quirante en procès avec leur employeur, le groupe La Poste.

Licencié, mais toujours délégué

Ce mouvement démarre en mars dernier lorsque Muriel Pénicaud, ministre du Travail, valide personnellement le renvoi de Gaël Quirante. Une décision prise contre l’avis de l’inspection du travail et le rapport d’une contre-enquête qui concluaient tous deux à une discrimination syndicale. Depuis, le militant a été licencié mais il est toujours reconnu comme  le représentant de SUD-PTT de son département, les Hauts-de-Seine. Il continue donc, à ce titre, d’intervenir dans différents bureaux de poste.

Ce sont ces interventions que La Poste essaye maintenant d’empêcher. Le 5 avril dernier, l’entreprise publique, a attaqué SUD-PTT en référé pour interdire au leader syndical l’entrée dans les locaux du groupe. Le 13 avril, le TGI de Nanterre a débouté l’entreprise en rappelant qu’en tant que secrétaire du syndicat SUD mandaté pour intervenir auprès des postier.e.s, Gaël Quirante avait le droit de se rendre sur leur lieu de travail.

« On sent une volonté d’étouffer la mobilisation. »

La Poste a fait appel et cette décision sera rejugée le 30 Octobre. Malgré cela, le syndicaliste était à nouveau assigné en référé ce jeudi 21 Septembre. « On sent une volonté d’étouffer la mobilisation » affirme un postier présent devant le tribunal de Nanterre. Gaël Quirante est devenu un symbole de cette mobilisation. « Il nous donne la niaque, si je suis dans la rue aujourd’hui c’est grâce à lui » déclare Pascal, facteur depuis 35 ans très impliqué dans la lutte.

Une du calendrier des postier.e.s du 92

Malgré une situation précaire, moins de 1000 euros par mois pour chaque gréviste, une somme obtenue grâce à une cagnotte en ligne, à divers dons et à la vente de calendriers, les postier.e.s continuent de se battre. Ils dénoncent la déshumanisation de leur métier, le durcissement de leurs conditions de travail et l’importance pour eux de pouvoir continuer à assurer leur mission de service public.

Convergence des luttes

Au-delà de leurs intérêts, leur discours porte une volonté d’organisation et de convergence des luttes. En témoigne la présence de nombreux soutiens ce jeudi 21 septembre devant le TGI. Pour soutenir la trentaine de postier.e.s présents devant le tribunal de Nanterre, ils sont une vingtaine à s’être déplacés. Ce sont des étudiant.e.s, des salarié.e.s du privé, des membres de la CGT du groupe Louvre Hôtels et des membres du Front Social. Une solidarité qu’un militant SUD Poste résume d’une phrase : « En face de nous, ils sont organisés, à nous maintenant d’en faire autant. »

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