Pour sensibiliser le grand public à la précarité des coursiers à vélo, le nouveau collectif « Pédale et tais toi  » a organisé une déambulation à la Fête de l’Humanité. La première étape d’un futur tour de France contre l’ubérisation.

« C’est le nouveau visage du capitalisme ! »

Parler des méfaits de l’ubérisation dans les allées de la Fête de l’Humanité, c’est comme parler de souffrance animale avec des végétariens. Même ceux qui vivent à la campagne et qui ne voient jamais le turquoise des coursiers Deliveroo ou des berlines conduites par un chauffeur Uber ont un avis. « Oui on connaît, c’est le nouveau visage du capitalisme ! » tempête une participante. Vendredi 14 septembre, Radio Parleur a accompagné le nouveau collectif PETT (Pédale et Tais Toi) qui tente de mobiliser sur ces problématiques. Barbara Gomes, collaboratrice parlementaire de Pascal Savoldelli, sénateur PC qui parraine le projet avec son collègue Fabien Gay, en est à l’initiative.

Mobiliser des travailleurs et travailleuses atomisé.es

« Nous voulons être un porte–voix pour les livreurs à vélo, et faire pression pour une véritable protection des travailleurs des plateformes numériques. » Ce collectif regroupe à la fois des livreurs déjà en lutte, des syndicalistes, mais aussi des alternatives comme CoopCycle, une plateforme de livraison éthique. Pendant leur tour de France, les membres de Pédale et Tais Toi vont partir à la rencontre des livreurs, une profession très atomisée, pour tenter de les inciter à se rebeller contre leurs conditions de travail.

« Il est difficile de mobiliser les coursiers. Mais moi j’y crois. Rappelons que l’an dernier, personne encore ne parlait de ces problématiques », s’exclame Arthur Hay, du collectif des coursiers bordelais. Il est l’un des premiers à s’être insurgé contre Deliveroo, pour lequel il travaillait alors. L’un des premiers aussi à avoir été désactivé par la plateforme, parce qu’il demandait de meilleures conditions de travail. Depuis, il a lancé à Bordeaux une association de préfiguration, en passe de devenir une coopérative, qui embauche 3 salariés à plein temps pour livrer dans toute la ville. Un espoir et un modèle pour tous les travailleurs de plateformes qui réfléchissent au système coopératif afin de s’émanciper de la pernicieuse tutelle des plateformes.

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