Canon à eau, gaz au poivre, 20 000 policiers : voici le dispositif qui attend les opposants au sommet du G20 qui aura lieu à Hambourg les 7 et 8 juillet prochain. Face à cet arsenal, les militants anti-G20 se préparent depuis plusieurs mois pour perturber au maximum ces rencontres internationales. Radio Parleur sera présent toute la semaine en Allemagne. En attendant, on vous en dit plus sur la mobilisation qui attend les dirigeants des 20 grandes puissances mondiales.

Le 7 et 8 juillet prochains, la crème de l’intelligentsia gouvernementale internationale se réunit à Hambourg en Allemagne pour participer au sommet du G20. Au programme : des discussions sur l’innovation, la technologie, la santé, les migrants, la régulation financière, le développement de l’Afrique. C’est aussi la première grande réunion internationale depuis l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat.
 » Autant de miroirs aux alouettes populistes, étant donné que les objectifs essentiels du G20 sont la répartition des sphères d’influence et d’intérêts géopolitiques et la coordination de l’exploitation à l’échelle mondiale »,G20 To Hell.faire entendre leur voixl’exploitation, la précarité sociale, les guerres, les dévastations écologiques, et les divisions sociales ». Les opposants veulent profiter de l’événement pour multiplier les manifestations et explique le site contre « 

Hambourg transformée en forteresse.

Sans surprise, les dirigeants de la planète seront ultra-protégés au sein d’une véritable forteresse. La ville de Hambourg a déployé un arsenal militaire autour des deux principaux lieux de rencontres : le Messe (centre des congrès) ainsi que la Philharmonie. Des grilles anti-émeutes de plusieurs mètres de haut, des miradors, près de 20 000 de policiers veilleront à tenir les opposants à bonne distance de cette zone rouge totalement interdite.
Tout autour, sur un périmètre de 36 km2, se trouve la zone bleue, où tout rassemblement sera interdit. La possession de drapeaux, d’autocollants militants, de pancartes ou de mégaphones, sera passible d’expulsion et les policiers pourront procéder à des contrôles inopinés. Ce vaste périmètre intègre le campement anti-capitaliste qui devrait accueillir au moins 10 000 personnes, principalement des anarchistes, des black blocs, des antifascistes, qui prévoient de partir groupés en manifestation depuis cet endroit. Mais les autorités ont tenté d’interdire l’installation de ce campement. La bataille judiciaire est encore en cours. « Les organisateurs du G20 pensent qu’en procédant ainsi, ils vont concentrer les affrontements loin de la zone rouge et éparpiller les militants », explique Adrien (à sa demande, le prénom à été modifié).

La ville, symbole du capitalisme et foyer de l’extrême-gauche.

Ce militant, qui a notamment participé au contre sommet de Heiligendamm en 2007, s’attend à une belle mobilisation à Hambourg. La ville est le troisième port en Europe, un symbole du libre – échange, de la mondialisation et du capitalisme ; valeurs essentielles aux yeux des membres du G20. Mais c’est également un foyer de l’extrême-gauche, haut lieu de contestation politique et sociale en Allemagne. Tout semble donc réuni pour atteindre un niveau de mobilisation important : les opposant espèrent franchir le cap des 100 000 personnes. Un chiffre qui reste toujours en deçà des protestations à Gênes en 2001, véritable l’étalon mètre de la contestation anti-capitaliste. A l’époque, entre 300 000 et 500 000 personnes s’étaient mobilisées dans les rues de la ville italienne. D’immenses manifestations réprimées dans une violence inouïe : 1300 arrestations, plus de 1000 blessés et un mort : Carlo Giuliani. Un niveau de violence jamais égalé depuis la Seconde guerre mondiale, selon un rapport d’Amnesty International. Un véritable traumatisme pour toute une génération de militants : dans les sommets qui ont suivi, le nombre de manifestants anti-G20 a été divisé par quatre. « Je connais des gens qui étaient à Gênes et qui vont venir à Hambourg mais ne veulent pas dormir dans le campement prévu pour les militants car ils ont vécu les viols et les tortures en Italie « , souligne Adrien.

Les techniques des policiers allemands.

La situation devrait heureusement être fort différente à Hambourg, car les méthodes de la police locale n’ont pas grand chose à avoir avec celles des Italiens, ni même avec des Français. Ici, l’arme favorite semble être le canon à eau : 48 seront déployés pendant le sommet. La ville en possède déjà douze, soit deux fois plus que sur l’ensemble du territoire français. Les policiers allemands n’utilisent pas de grenades de désencerclement, assourdissantes, ou même de lacrymo ; ils préfèrent le gaz au poivre dont le jet très puissant – 7 à 8 mètres de portée – peut causer la perte d’un œil s’il n’est pas protégé. Dans les cortèges, la technique consiste à mettre en place des nasses mouvantes pour à s’adonner au corps à corps. « Au beau milieu de la manifestation, quelques agents vont donner des coups de poings voire de matraque, puis vont s’arrêter aussi vite qu’ils ont commencé », explique Adrien, qui compare cela à une mêlée de rugby. Des modes opératoires bien différents de la France. « Les policiers allemands pourraient donc être pris de panique confrontés à une situation inconnue : vont-ils réussir à garder leur calme face à des jets de cocktails molotov ? « 
Cependant, l’attitude des forces de l’ordre allemandes n’est pas ce qui l’inquiète le plus. La menace viendra plutôt des services de sécurité personnel des chefs d’état étrangers, notamment du président turc Erdogan. « Il y a quelques mois, ses gardes du corps ont tabassé des Kurdes devant la résidence de l’ambassadeur turque aux Etats-Unis, qui manifestaient en marge d’un déplacement d’Erdogan. Ces personnes ne faisaient rien d’illégal et ont été frappées sur le territoire américain en toute impunité « , relate Adrien. (voir l’article du Monde avec une vidéo des violences). Une telle attitude ne laisse rien augurer de bon pour Hambourg, où ces milices d’état « vont se faire plaisir ».
D’autant que la communauté turque est très importante en Allemagne.  Les autorités tentent d’ailleurs prendre leurs précautions : le ministre des affaires étrangères allemand a informé Ankara que les forces de sécurité responsables des violences commises aux Etats-Unis ne seraient pas les bienvenues au G20.
Mais qu’importe le danger, Adrien est plus que jamais déterminé et optimiste. Il rêve d’un scénario à la Seattle en 1999, où la convergence des actions entre les blacks blocs et les mouvements non-violents avaient mis une pagaille telle que l’OMC s’était séparée sans avoir pu lancer un nouveau cycle de négociations sur la libéralisation du commerce international. Une véritable déroute du système qu’il voudrait voir se reproduire à Hambourg.

Répondre

Please enter your comment!
Please enter your name here