Depuis le début de l’année, près de 2 000 réfugiés ou exilés seraient arrivés en France en provenance d’Italie, en traversant la frontière par les cols aux alentours et dans des conditions extrêmes, avec un risque mortel. Face à cet afflux et à ces dangers, une solidarité montagnarde s’est installée dans le Briançonnais dans le but de secourir les migrants en difficulté. Avec ce second épisode d’une série de cinq reportages dédié au passage des migrants à travers les Hautes-Alpes, Radio Parleur vous propose de découvrir trois portraits d’accueillants, membres d’associations, pisteurs en montagne ou simple habitante de la vallée de la Clarée.

En arrière-plan sur la gauche, le col de l’Échelle par lequel tentent de passer les migrants. Photo : Tristan Goldbronn pour Radio Parleur

Franchir la frontière.
Ils ont franchi plusieurs frontières, marcher des kilomètres et si leur périple a été long et douloureux, il n’est pas terminé pour autant. Depuis le début de l’année, près de 2 000 réfugiés, exilés ou migrants seraient arrivés à Briançon en provenance d’Italie. Près de 60% d’entre eux sont des mineurs non accompagnés (MNA).                                                    Certains se retrouvent dans le village de Névache, dans la vallée de la Clarée, au nord de Briançon, après avoir franchit le col de l’Echelle, à 1762 mètres d’altitude. D’autres empruntent celui de Montgenèvre à 1850 mètres d’altitude.                                                Au péril de leur vie, souvent avec une simple veste et parfois sans chaussettes ou avec de simples baskets de toile, sans rien à boire ou à manger, ces migrants africains souffrent de gelures, d’hypothermie et de lésions. Il y a eu plusieurs cas d’amputations. Le samedi 10 mars, une maman enceinte de 8 mois et demi a même accouché juste après avoir passé la frontière au col de Montgenèvre. Elle a été prise en charge par les bénévoles du Refuge Solidaire qui l’ont évacuer de suite sur l’hôpital de Briançon.

Secourir les migrant.es en difficulté.                                                                             Une situation « critique » qui mobilise les habitant.es du Briançonnais, de Névache et de Montgenèvre, tandis que la pression des contrôles de police, elle, se renforce chaque semaine. Tout.es craignaient de retrouver des cadavres au printemps et de voir la montagne se transformer en un gigantesque cimetière à ciel ouvert avec la fonte des neiges. Ces dernières semaines, alors que la neige a commencé à fondre, le drame tant redouté s’est finalement produit avec les décès d’une Nigériane, Blessing, retrouvée noyée dans la Durance à proximité de Briançon et d’un Sénégalais, Mamadou retrouvé mort au pied du col de Montgenèvre. Le 25 mai dernier, du côté italien du col de l’Échelle, un promeneur a découvert le corps d’ « un homme à la peau sombre » inanimé, près d’un torrent. Le corps, en état de décomposition avancée, n’a pas pu être identifié, selon le journal italien La Stampa.                Alors, bravant le froid, les contrôles accrus de la PAF (Police Aux Frontières), les reconduites de nuit à la frontière, les bénévoles continuent. Épuisés et en colère face à un État qui, selon eux, les laisse seuls gérer l’urgence. C’est une armée de volontaires : vieux militants, syndicalistes, services civiques, anarchistes et libertaires, catholiques à la fibre sociale, mais aussi simples habitants de la vallée, qui ne s’étaient parfois jamais engagés jusque là, qui ont prit le relais d’un État jugé déficient.

Michel Rousseau, porte-parole de l’association Tous Migrants. Photo : Octave Broutard pour Radio Parleur

Bruno Jonnard habite à Névache, la plus haute commune de la vallée de la Clarée, depuis maintenant quinze ans. Il est artisan l’été et travaille comme dameur et pisteur l’hiver. Il assure aussi la fonction de pompier volontaire. Avec ses 361 habitants, Névache est le village le plus proche du col de l’Échelle, par où passent les migrants qui franchissent la frontière franco-italienne : un col dangereux et difficile d’accès.

Murielle* (le prénom a été modifié) habite à Montgenèvre où elle dirige un commerce, à quelques centaines de mètres à peine de la frontière franco-italienne. C’est dans cette ville de Montgenèvre, au col éponyme, que se situe le poste de la Police Aux Frontières (PAF) d’où partent les patrouilles qui surveillent ce second point de passage pour les migrants.

Michel Rousseau habite à Briançon. Ancien syndicaliste aujourd’hui à la retraite, il est le porte-parole de l’association Tous Migrants, une association sans étiquette politique, religieuse ou institutionnelle, née en 2015 pour exprimer son indignation collective face au drame humanitaire vécu par les migrants en Europe. Michel habite à Briançon, le chef-lieu de la vallée de la Clarée, où se situe également le refuge solidaire pour les migrants géré par l’association.

Reportage : Tristan Goldbronn et Octave Broutard

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