fbpx

Lissel Quiroz : penser l’héritage colonial au présent, autrement

La fête de l’hispanité, c’est la fête nationale espagnole qui a eu lieu la semaine dernière. Elle montre encore l’impact de la relation coloniale entre l’Espagne et l’Amérique du Sud, voire plus largement entre l’Occident et les pays latino-américains. Des penseur·euses et militant·es d’Amérique latine ont fait le choix de la lutte, celle pour décoloniser ces territoires, ces pensées et ces corps. Entretien avec Lissel Quiroz.

Pour cet épisode, nous nous penchons sur l’ouvrage Pensées décoloniales, une introduction aux théories critiques d’Amérique latine paru cette année (La Découverte). L’autrice, Lissel Quiroz, professeure d’études latino-américaines, y reprend l’idée que la modernité ne date pas de la révolution industrielle. En réalité, elle remontrait à la découverte des Amériques en 1492.

Cet événement est un moment central dans l’Histoire des impérialismes. Il change la configuration entre centre et périphérie, métropoles et colonies, et produit des schémas de pensées coloniaux. Schémas toujours présents dans notre société “post-coloniale”.


Sur le même sujet : Le nouvel internationalisme : faire entendre la voix des peuples


Rapports asymétriques

Aujourd’hui, ces empreintes des temps forts de la colonisation peuvent s’observer à deux niveaux. Tant dans les relations internationales entre le “Nord” et le “Sud global”, que dans les politiques de développement menées au sein mêmes de ces ex-colonies.

“Incarnation d’un résidu de colonialité, ces politiques de développement ne sont qu’une invention”,  affirme Lissel Quiroz. Elles ont été créées par l’Occident pour encourager les pays à suivre l’exemple de l’Europe ou des États-Unis. Les politiques occidentalo-centrées sont donc considérées comme les “bonnes” manières de gérer un État. Elles ignorent ainsi toutes les manières autres de faire des mondes. Ces politiques contemporaines soulèvent plusieurs questions et suscitent plusieurs critiques au sein des théories décoloniales.

Colonialité

Selon l’autrice, c’est ainsi que les États maintiennent une asymétrie de pouvoir à travers “la colonialité du pouvoir”.

Face à ce constat, dans ce monde inégal et vieux de plus de 500 ans, les auditeur·ice.s peuvent bien se demander ce qu’iels peuvent faire. Tant pour sortir de ce paradigme que pour lutter contre les colonialités contemporaines.

Entretien réalisé et monté par Erin Rivoalan-Cochet. 

Vous êtes les garant·es de notre indépendance. Nous sommes fièr·es de ce modèle.

Défendons-le ensemble !