Le prénom est sur toutes les lèvres, ce matin-là devant le tribunal d’Amiens. Gaspard Fontaine comparaît pour avoir décroché et dérobé le portrait présidentiel de l’Hôtel de Ville. Le motif invoqué : dénoncer l’inaction climatique du gouvernement. Le procureur requiert 500 euros d’amende, avec sursis. Ses soutiens profitent de l’occasion pour remobiliser les citoyen‧nes sur la question.

 

Il est tout juste 8h, ce mardi 23 mars. Gaspard retrouve ses allié‧es devant le tribunal d’Amiens. En mars 2020, ce militant de 19 ans avait décroché le portrait officiel d’Emmanuel Macron dans l’Hôtel de Ville d’Amiens, ville natale du président. Le but ? Alerter sur l’inaction gouvernementale face au changement climatique. Un an après les faits, il est jugé pour vol.

Un procès symbolique, une journée de mobilisation 

Pour le collectif Action Non-Violente COP21 (ANV-COP 21) et ses militant‧es venu‧es le soutenir devant le palais, ce procès est celui de « Gaspard face à Macron ». Marie Cohuet, la porte-parole, commente le geste du jeune homme : « il a eu le courage d’aller dans une mairie, de décrocher un portrait d’Emmanuel Macron pour symboliser le vide complet de sa politique économique, sociale et climatique ». Toute la journée, militant‧es et politiques, se sont relayé‧es, devant le palais de justice, pour prendre la parole et afficher leur soutien à Gaspard, contre Macron ou presque. 

Quelques heures avant le début du procès – le 43e depuis deux ans pour des faits similaires – Gaspard se veut serein. « Mes revendications sont claires et légitimes. J’espère que le tribunal va les entendre ». À la question « Le referiez-vous ? », il répond « je recommencerai à décrocher ce portrait autant de fois qu’il le faudra jusqu’à ce que le gouvernement décide de faire face au changement climatique ». 

La France Insoumise au rendez-vous 

Parmi les personnes présentes, le député La France Insoumise (LFI) de la Somme, François Ruffin. L’amiénois parle de « procès boomerang » : « C’est Emmanuel Macron qui risque, dans les plaidoiries des avocats, de se retrouver en procès pour son inaction face au dérèglement climatique ». Il complète : « on aimerait que la justice mette la même vitesse à poursuivre les crimes environnementaux qu’elle ne le fait pour un « délinquant » ». 

Dans la salle des pas perdus, à quelques minutes du début de l’audience, Ugo Bernalicis, député LFI du Nord est l’un des trois témoins venus défendre Gaspard. Le parlementaire se prépare à prendre la parole : « Je vais tenter de convaincre le tribunal de la nécessité de décrocher ce portrait pour faire réagir les politiques sur la question climatique ». Il conclut : « il n’y a qu’un seul vol, celui de l’avenir de cette génération ».


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« Nous sommes plutôt confiants »

14h15, l’audience se termine. Gaspard prend la parole sur les marches du palais : « Tout s’est bien passé, le tribunal était à l’écoute. Le parquet a requis 500 euros d’amende contre moi. Nous demandons la relaxe mais nous sommes plutôt confiants ». Juliette Mignot, l’une des témoins commente : « la présidente était très à l’écoute, très intéressée par le problème. Le débat a été de haut niveau ». La décision de justice est attendue le 20 avril prochain. 

Un reportage de Valentine Hullin. Photo de Une : Valentine Hullin 

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