En octobre 2019, quatre étudiants – dont deux élus – engagés dans le mouvement des « sans facs » sont refoulés brutalement d’un conseil universitaire de l’université Paris-Nanterre. Poursuivis pour violences envers les vigiles, ils viennent d’être relaxés. Mais pour eux, c’est sûr, ils ont servi d’exemple.


Octobre 2019, sur le campus de Paris-Nanterre. Comme chaque année, les « sans facs », ces étudiant‧es n’ayant obtenu aucune réponse positive pour l’année universitaire à venir, se mobilisent. C’est dans ce contexte que quatre étudiants engagés pour l’accès à l’éducation supérieure pour toustes, dont deux élus, tentent se rendre à la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire.

Expulsés sans ménagements les étudiants sont accusés de violences

Barth et Victor, pourtant habilités à siéger au conseil, n’avaient pas reçu leur convocation. En arrivant au bâtiment administratif, les vigiles les refoulent brutalement. Peu après, les deux élus retrouvent leurs camarades Selim et Ayoub, accusés de violences par ces mêmes vigiles.

Lors du procès, la procureure a requis 4 mois de prison avec sursis pour chacun d’entre eux. Le chef-adjoint de la sécurité réclame quant à lui 300€ de dommage esthétique ainsi que 800€ par personne au titre du préjudice moral. La décision de justice est finalement tombée ce lundi 15 mars : ils sont relaxés tous les quatre.

« On devrait se soucier de la situation des étudiants, plutôt que de les condamner »

« À l’heure où des jeunes sont isolé‧es, décrochent, souffrent de la mauvaise gestion de la crise sanitaire (…), la présidence de notre université, le chef-adjoint de sa sécurité, mais aussi le gouvernement, choisissent de réprimer des militants étudiants »,  dénonce Victor. Les quatre étudiants ont également porté plainte contre les vigiles pour entrave à leurs fonctions d’élus.


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Des étudiants qui bénéficient d’un fort soutien depuis leur procès

Pour les soutenir, une vingtaine de personnes ont fait le déplacement au tribunal de Nanterre, bravant la pluie et le vent. « Contre les entraves au droit syndical, relaxe pour les 4 de Nanterre » peut-on lire sur une banderole. Iels sont militant·es à l’UNEF, au NPA,  à la CGT ou encore Gilets Jaunes. À 13h30, les accusés rentrent dans le tribunal, portés par les slogans d’encouragements.

Après une heure et demi d’attente, ils sont de retour, tout les quatre relaxés. Jubilation générale. Petite déception pour le comité de soutien : les vigiles, sont aussi relaxés. Ce n’est pas important aux yeux des étudiants, soulagés de laisser cette histoire derrière eux… à condition que le ministère n’interjette pas appel.

Un reportage d’Elin Casse. Photo de Une : Elin Casse pour Radio Parleur

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