Radio Parleur prend des vacances… mais ne vous laisse pas tomber ! Tout l’été, retrouvez les rediffusions de nos meilleures émissions de l’année. Pour celles et ceux qui veulent suivre l’agenda des luttes de cet été édition COVID-19, voici un petit tour d’horizon d’événements engagés pour ce mois d’août.

La limite officielle des rassemblements est fixée à 5 000 personnes. Côté militant, l’agenda est bouleversé, et l’adaptation est de mise. Les événements se régionalisent, se réorganisent, et parfois sont tout simplement annulés. Une peine que n’a pas pris le parc du Puy du Fou

Parmi les annulations, les Universités d’été des mouvements sociaux et des solidarités à Nantes. La fête de l’Humanité se tiendra sur les internets, sans saucisses ni trompettes. Heureusement, certains rendez-vous auront bien lieu. La pandémie leur a parfois permis de se réinventer.

Gestes barrières, reports, changement de programme… Un agenda des luttes complètement remanié cet été

Les organisateur·ices des camps climats par exemple, ont choisi d’accélérer la dimension locale de leurs événements. Ces camps de formation au militantisme écologique et à la désobéissance civile sont là pour « accélérer la mobilisation face à l’urgence climatique et sociale » selon Elouan Trichard, militant à Alternatiba et ANV COP21 ainsi que l’un des coordinateurs du projet à l’échelle nationale.  

Il y aura dix-neuf camps climats en métropole, tous préparés activement pendant le confinement. Certains ont déjà eu lieu, d’autres, comme celui en Île-de-France, prendra place fin août. Le confinement a remis cause l’idée d’un unique événement fédérateur. L’intérêt pour Alternatiba, Les Amis de la Terre et ANV COP21 ? S’étendre, s’ancrer en local et répondre à des objectifs locaux, mais aussi et surtout de pouvoir respecter les règles sanitaires : « La jauge se limite à 100 personnes par camp. » Certains camps, comme celui de Bayonne, se déroulent en extérieur, facilitant ainsi la distanciation physique et évitant l’effet lieu clos.

L’été, temps de préparation politique

« Ce temps de l’été est intéressant parce que les gens sont disponibles pour réfléchir au fond et sont distanciés de l’actualité moins forte au mois d’août, et ce juste avant la reprise des mouvements sociaux. » La rentrée sociale s’annonce en effet chargée, avec un gouvernement Castex chargé par le président de la République de relancer l’agenda des réformes explosives suspendues pendant la crise du COVID-19. « Pendant six mois, nos groupes ont été un peu éclatés, ces camps sont aussi l’occasion aussi de ressouder les liens et préparer les mobilisations de la rentrée », espère le jeune militant. 

« Le risque d’une annulation n’est pas écarté »

Dans l’agenda culture des luttes de l’été, du 21 au 29 août, le festival de films et de débats ResistanceS a également résisté au COVID-19. Normalement prévu début juin, il se déroule à Foix, au pied des Pyrénées, à la fin de l’été. Marlène Tardif, co-coordinatrice de l’association Regards Nomades, organise ce festival de cinéma non-compétitif. « Il faut faire au mieux, mais c’est sûr que la perspective d’une deuxième vague est inquiétante. Et puis qu’est-ce que la crise va provoquer en termes de conséquences politiques, économiques et sociales pour les années à venir ? Pour nous, le risque d’une annulation n’est pas écarté. »

« Ce n’est pas parce qu’il y a une crise sanitaire qu’on va s’arrêter de lutter »

« Initialement, on voulait viser entre 500 et 1000 personnes, on va devoir se limiter à 100 personnes. » Azna, membre du collectif écologiste radical RadiAction, participe à l’organisation de leur événement inter-luttes annuel : le Camp RadiAction, du 24 au 30 août près de Lyon. Elleux aussi ont dû revoir leurs ambitions à la baisse à cause du coronavirus. « On a eu beaucoup de discussions collectives sur le maintien du camp. On a dû changer de format, d’objectif et de taille : on est passé d’une grosse manifestation à un rassemblement sous forme de camp autogéré. C’est plus festif et dans l’optique de tisser des liens avec nos allié⋅es pour préparer l’avenir. »

Pour autant, « ce n’est pas parce qu’il y a une crise sanitaire qu’on va s’arrêter de lutter » rajoute-t-elle. « En termes de démarches sanitaires, on aura bien sûr du gel hydroalcoolique pour toustes, on évite la promiscuité extrême dans les espaces collectifs et on invite à porter le masque, mais l’idée ce n’est pas non plus de se transformer en police sanitaire ! » Au camp RadiAction, l’inclusivité est normalement un maître-mot. « On assume le fait de ne pas pouvoir être hyper inclusifs pour les « personnes à risque » cette année, mais on l’est sur plein d’autres aspects. On joue sur la responsabilité de chacun. »

La COVID bouscule les événements et les perspectives de luttes

« D’un côté, il y a cette crise, qu’on prend vraiment en compte », continue Azna de RadiAction. « De l’autre côté, maintenir l’événement c’est aussi dire que, malgré tout, on continue de s’organiser, à l’instar des marches contre les violences policières. C’est presque encore plus important d’affirmer tout ça maintenant à l’heure où on nous dit de rester chez nous et de laisser le gouvernement faire. »

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Lors des manifestations depuis le déconfinement, la majorité des participants viennent masqués. Comme ici à Strasbourg lors d’une manifestation contre le racisme et les violences policières le 5 juin dernier. Photographie : Martin Lelievre

Le collectif a également changé en partie sa programmation, avec notamment des discussions sur ce que le COVID-19 a pu changer dans leurs luttes. « Le confinement a prouvé qu’on pouvait vivre sans certaines activités que nous jugeons vraiment non-essentielles, et que quand il fallait trouver de l’argent à l’échelle nationale ou européenne, il y en avait, comme pour la relance des secteurs polluants comme l’aviation. »

Le confinement en tant que tel « a aussi été le moment de rencontre de différents mouvements qui ont enfin pu prendre le temps de le faire ». Mais pour Azna, cet été si particulier est aussi le moment pour beaucoup de militant⋅es de « prendre du repos, de faire une pause et lâcher prise » suite au gros de la crise sanitaire. « Beaucoup d’entre nous ont participé au réseau Covid Entraide pour pousser la solidarité pendant la pandémie. »

La programmation du festival RésistanceS était bouclée avant le confinement. Elle résonne pourtant avec les problématiques que cette période a révélé. « Le thème « Famille : cocon ou prison ? », notamment. Beaucoup se sont retrouvés enfermés avec ou sans leur famille, ce qui a pu exacerber des tensions. On aura d’ailleurs un débat sur les violences conjugales, qui ont explosé avec le confinement. »

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Rentrer dans la danse. Photo : Sylvain Lefeuvre.

Rendez-vous à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes fin août

D’autres événements militants et festifs pourront se dérouler cet été, notamment deux d’entre eux sur la ZAD de Notre-Dame des Landes. Les Rencontres Intergalatiques sont prévues du 24 au 28 août et seront suivies du festival ZADenVies du 28 au 30 août. De quoi finir l’été « apprenant et culturel » et se préparer pour une rentrée sociale qui promet d’être mouvementée, avec la reprise du mouvement de grève contre la réforme des retraites courant septembre.

Pour aller plus loin :

 

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