Le Chili est secoué par son plus grand mouvement social depuis les années 1990. Le gouvernement réprime violemment les manifestant.e.s, et au moins quinze personnes ont perdu la vie depuis le début des événements.

La hausse des prix du ticket de métro – de 800 à 830 pesos, soit un passage de 1 euro à 1,04 euros – a représenté la « goutte d’eau » qui a fait exploser le vase. Depuis jeudi 17 octobre, les manifestant.e.s dénoncent la précarisation de la vie due aux politiques néolibérales mises en place pendant la dictature de Pinochet.

Le mouvement initié par les lycéen.ne.s a très vite été rejoint par des couches très diverses de la population et a envahi les rues de Santiago aux cris de « Chile despertó » – « Le Chili s’est réveillé« . Les chilien.ne.s se soulèvent contre la précarisation des conditions de vie, la privatisation des ressources naturelles et des services sociaux : « Au Chili, même si tu es privilégié, tu es endetté » note Felipe, doctorant en philosophie en France, « tu dois prendre un crédit pour l’université, il n’y a pas de système de santé : si tu tombes malade, tu dois payer très cher.« 

Depuis jeudi 17 octobre, les manifestations sont quotidiennes à Santiago. Crédit : Frente Fotografico

A cela s’ajoute un système de retraite privé qui octroie des pensions de misère. Le Chili est un des pays les plus inégaux selon l’OCDE, avec un coefficient de Gini de 0,46. Un chiffre qui mesure les inégalités à partir de différents indicateurs sociaux.

Le couvre-feu instauré pour la première fois depuis la dictature

Le gouvernement n’a pas tardé à réagir, déclarant vendredi l’état d’urgence, puis un couvre-feu. Depuis samedi, les militaires sont dans la rue et les réseaux sociaux sont envahis de vidéos montrant les forces armées tirant dans les rues, frappant et humiliant les manifestant.e.s.

Après avoir déclaré le pays « en guerre« , le président Sebástian Piñera a demandé « pardon » à sa population mardi soir, et annoncé une série de mesures sociales telles que la revalorisation du salaire minimum, l’augmentation du minimum retraites ou la diminution du salaire des parlementaires. Mais pour Felipe, ces simples mesures ne suffiront pas : le peuple demande des changements « structurels« , bien au-delà des revendications sur le ticket de métro.

Remerciements à Martín de Gregorio, Pablo Robledo et Tomás Wijnant.

Un reportage réalisé par Marguerite de Lasa.

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