Les soignant·es adhérent·es à la CGT manifestaient ce mercredi 11 septembre. En fin d’après-midi, une délégation devait être reçue au ministère de la Santé.


Les blouses blanches sont floquées d’autocollants rouges ornés du logo de la CGT. Le collectif Inter-Urgences, qui a tenu une assemblée générale deux jours plus tôt, s’est fondu dans la troupe de 200 manifestant·es. Le message à la ministre de la Santé est le même : « Aujourd’hui c’est le mal-être des soignants qui se répercute sur les patients, elle n’a qu’à venir nous voir si elle ne nous croit pas« , tonne Lydia, aide-soignante à Toulon.

Manifestation des soignant·es à l’appel de la CGT à Paris, le mercredi 11 septembre 2019. Photographie Scarlett Bain pour Radio Parleur.

250 services d’urgences en grève, le ministère arrête de compter

Le mouvement des soignant·es dure depuis le 29 mars. 250 services sont en grève, selon le décompte du collectif Inter-Urgences. Le comptage du ministère de la Santé, lui, n’a pas repris depuis fin août et reste bloqué à 198. Le mouvement ne freine pas après l’annonce du « Pacte de refondation des urgences » par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, lundi 9 septembre. Pour les soignant·es, le compte n’y est pas du tout. 754 millions d’euros budgetés d’ici 2022, et douze mesures-clé doivent permettre d’aboutir à un désengorgement des urgences. « Tout cela était prévu de longue date dans le budget 2020, rien de nouveau sous le soleil. Il faut aller chercher l’argent dans la manne des taxes payées par les établissements de santé, » explique Christophe Prudhomme, médecin urgentiste, délégué CGT et porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf).

Pas de recrutements ni de lits supplémentaires

La question du recrutement, discrètement absente de ce plan, fâche les grévistes. Les services d’urgence accueillent près de deux fois plus de patients qu’il y a 20 ans. À flux tendu, les médecins, infirmiers et infirmières s’enfoncent dans des cadences de travail insupportables ou craquent et démissionnent. Selon une enquête-flash de l’Agence régionale de Santé réalisée en juin en Île-de-France, le nombre de départs de médecins urgentistes s’accélère à un rythme inquiétant : 119 ont démissionné en 2018, contre 73 en 2017, et… 43 en 2015.

Manifestation des soignant·es à l’appel de la CGT à Paris, le mercredi 11 septembre 2019. Photographie Scarlett Bain pour Radio Parleur.

La question des lits, elle aussi éludée dans le plan de la ministre, est une revendication centrale pour les soignant·es. Le plan ministériel préfère une batterie de mesures pour éviter la prise en charge aux urgences : admission directe des personnes âgées, « vidéo-assistance » avec les maisons de retraite, régulation du Samu ou redistribution des patients vers la médecine de ville. Pas de réouverture de lits envisagée.

Le mouvement se poursuit et veut s’élargir

L’assemblée générale du collectif Inter-Urgences a donc voté la poursuite du mouvement ce mardi 10 septembre. En insistant aussi sur une troisième revendication absente du « Pacte de refondation des urgences » : l’augmentation de la prime de 100 euros à 300 euros. La CGT veut également élargir le mouvement à d’autres secteurs du soin comme les Ehpads, les services psychiatriques et les pompiers. L’un d’entre eux participait à cette manifestation à Paris aux côtés des soignant·es : « On participe bien malgré nous à l’engorgement des urgences à causes des différentes réformes du Samu. On prend en charge des patients qu’on ne devrait pas amener aux urgences. »

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Christophe Prudhomme, sapeur-pompier dans le Val d’Oise et représentant CGT national des SDIS. Photographie Scarlett Bain pour Radio Parleur.

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