L’important dispositif policier mis en place pour le contre-sommet du G7 a tué dans l’œuf toute tentative de contestation hors des parcours officiellement balisés. Pendant ce week-end, les mobilisations se sont fracassées contre la répression policière barricadant le G7 à Biarritz.

G7 répression
Pancartes pendant le contre-sommet du G7. Photo : Laury-Anne Cholez pour Radio Parleur

« Vous les journalistes, vous êtes les mouches qui suivent le coche ». Devant l’un des nombreux ponts bloqués de Bayonne, dans le Pays basque, les gendarmes mobiles ne cachent plus leur mépris envers les professionnels de l’information, ce dimanche 27 août 2019. Une subtile référence aux insectes coprophages qui illustre parfaitement l’esprit des forces de police pendant ce G7 : la répression. Journalistes, organisateurs ou ONGs, personne n’y a échappé.

Les observateurs dans le viseur des forces de police

Deux observateurs d’Amnesty France ont été arrêtés, fouillés puis bloqués près de 2 heures, par les forces de l’ordre sur un parking de la ville de Bidart. Plusieurs membres de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) ont été abusivement arrêtés à la suite d’un contrôle d’identité. Ces observateurs des pratiques policières, dûment identifiés avec leurs chasubles de la LDH, étaient témoin d’un contrôle d’identité… avant de se faire embarquer.

La plateforme organisatrice a vu plusieurs de ses participant-es espagnol-es arrêté-es et reconduit-es à la frontière. Du coté des militant-es, le bilan n’est pas meilleur. Une centaine d’interpellations, dont près de la moitié des personnes placées en garde à vue, selon la légal team.

Des rassemblements annulés par la plateforme organisatrice

Face à un tel déploiement des forces de l’ordre, les deux plateformes organisatrices Alternatives G7 et G7 EZ ont annulé, dès samedi soir, leurs sept « rassemblements pacifiques » simultanés près de Biarritz, pour « encercler » symboliquement le G7. Elles dénoncent un « dispositif policier surdimensionné » et un « climat sécuritaire ». Dimanche, la plupart des participant-es avaient quitté le camping, ou cherchaient désespérément des appels à se mobiliser.

« On peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein », confie Sébastien Bailleul du CRID, le Centre de recherche et d’information pour le développement. « Mais vu les conditions dans lesquelles nous avons dû travailler, nous sommes ravis d’avoir réussi à organiser quelque chose ». La manifestation déclarée à Hendaye, à 30 km de Biarritz et des chefs d’État, a réuni 15 000 personnes samedi matin, selon les organisateurs.

G7 répression
La marche des portraits pendant le contre-sommet du G7 à Bayonne. Photo : Laury-Anne Cholez pour Radio Parleur

La marche des portraits échappe à la répression

Seule manifestation non déclarée que les policiers ont laissé se dérouler, la marche des portraits, organisée par ANV COP 21, Alternatiba et Bizi. « On ne savait pas comment la police allait réagir. Mais ils nous ont laissé faire », explique Txetx Etcheverry, cofondateur de ces organisations écologistes. Est-ce parce que leur action n’était pas très « radicale » ? « Radicalité ne veut pas dire violence », rétorque-t-il. « Les gens qui sont allés contre les flics ont fourni les images dont avait besoin le gouvernement Macron pour justifier d’avoir pris une population en otage. »

Un reportage réalisé par Laury-Anne Cholez et Etienne Gratianette. Photo de Une : Pierre-Olivier Chaput

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