Ce samedi 6 juillet, sur la place de la République à Paris, près de 2 000 personnes selon les organisatrices se sont rassemblées au cri de « Protégez-les ». Les collectifs, associations et personnalités venues en soutien ont interpellé les pouvoirs publics sur le féminicide.

Il est 17h, place de la République à Paris. Rassemblé・e・s en petits groupes, des centaines de militant・e・s, personnalités, familles de victimes, élu・e・s et citoyen・n・es attendent en silence les prises de paroles des organisateur・ices du rassemblement. Couronné・e・s de fleurs, tenant des pancartes à bout de bras ou un ruban blanc épinglé sur la poitrine, les participant・e・s oscillent entre deuil et colère.

Une nouvelle femme étranglée par son compagnon

Un peu plus tôt dans la journée, en vallée de Chevreuse, une jeune femme est retrouvée mort étranglée. Son compagnon s’est dénoncé aux gendarmes. C’est le 75ème féminicide depuis le début de l’année. Un chiffre en hausse chaque année, en dépit de la déclaration d’Emmanuel Macron en novembre 2017 qui avait érigé l’égalité femmes-hommes comme la “grande cause du quinquennat”. Un message qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Le collectif #NousToutes, les Femen, Plus Jamais Ça, La Fondation des Femmes, ou encore Une femme un toit se sont adressé directement au président de la République. « Combien coûte la vie d’une femme ? » lui a demandé l’humoriste Muriel Robin, engagée sur ces questions depuis plusieurs années.

Muriel Robin au rassemblement contre les féminicides à Paris le 6 juillet 2019. Crédit photo : Violette Voldoire pour Radio Parleur.
Le mot d’ordre de la mobilisation : « Protégez-les ! ». Crédit photo : Louise Bugier pour Radio Parleur.

« Les féminicides ne sont pas une fatalité »

Parmi les personnalités présentes, la chanteuse Yael Naim, l’actrice Julie Gayet, la dessinatrice Pénélope Bagieu. Sur scène, Noël Agossa, l’oncle d’Aissatou Sow, tuée en 2016 par son ex-compagnon et Céline Lolivret, amie de Julie Douib, tuée le 3 mars dernier en Corse, également par son ex-conjoint. 

« M Macron, pourquoi restez-vous silencieux ? Les féminicides ne sont pas une fatalité. Nous n’avons plus le temps, nous attendons des réponses maintenant », a réclamé la militante féministe Caroline De Haas, s’adressant directement au président de la République. Emmanuel Macron s’est exprimé tard dans la soirée sur Facebook, égrenant les prénoms des victimes de féminicides cette année, et enjoignant les femmes qui subissent des violences conjugales à “élever la voix”. Il a également annoncé que Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes allait présenter des mesures immédiates.

Ce dimanche 7 juillet, Marlène Schiappa, annonçait en effet l’organisation d’un « Grenelle des violences conjugales » dans une interview au Journal du Dimanche. Il se tiendra à partir du 3 septembre et réunira « les ministres concerné.es, acteur・trices de terrain, services publics, associations, familles de victimes ». Sur les réseaux sociaux, l’association féministe #NousToutes semble déçue :

Nous demandions des mesures d’urgences. Nous avions des propositions précises. Le gouvernement annonce une réunion dans deux mois et des résultats dans cinq (après l’adoption du budget de l’Etat). Le décalage entre la mobilisation inédite de la société contre les féminicides et les réponses apportées est flagrant.”

Un reportage de Louise Bugier et Zoé Pinet.

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