Dans le sillage des Maisons du Peuple de Saint-Nazaire, Caen ou Montpellier, la Maison du Peuple de Marseille a ouvert ses portes le 1er juin 2019. Elle se veut à mi-chemin entre centre social autogéré et lieu de ressources pour les luttes locales.

Cette année à Marseille, les luttes se croisent et s’entremêlent entre les collectifs mobilisés pour un habitat digne, ceux qui ouvrent des lieux d’hébergement (comme le squat Saint Just accueillant des migrants), la lutte contre le projet de réaménagement de la Plaine et le mouvement des Gilets Jaunes. Une dynamique contestataire s’installe.

Un Pôle Emploi devenu pôle de luttes

Le 1er juin dernier après une manifestation Gilets Jaunes, l’ancienne antenne de Pôle Emploi de la rue Brochier, vide depuis un an et demi, est occupée. « Ça fait plus d’un an que je passe tous les jours devant ce bâtiment, il est vide, c’est très bien que des gens l’utilisent, je suis complètement d’accord » déclare un habitant du quartier. Le soir-même de l’occupation est organisée la première assemblée générale qui pose les principes du lieu. Il est décidé que la Maison du Peuple ne sera pas un nouveau squat d’hébergement mais plutôt un lieu pour s’organiser, discuter, et proposer activités et ateliers.

Maison du Peuple des Gilets Jaunes de Marseille.
A l’intérieur de la Maison du Peuple à Marseille. Photographie : Antoine Guirimand pour Radio Parleur.

« Au squat Saint-Just, ça demande une énergie folle de faire fonctionner le lieu. Si on commence à héberger ici, il n’y aura plus de temps pour faire des soirées, des discussions, des ateliers… Et puis si c’est une maison pour des sans-papiers, plus question d’organiser des événements plus offensifs et moins légaux ! » explique Camille pendant l’assemblée générale.

Le lieu propose donc de nombreuses activités, le rapprochant des pratiques des centres sociaux autogérés. Boxe, ateliers radio, cours de français, projections de dessins animés les mercredis après-midi, soutien scolaire pour les enfants du coin, cantines, discussions politiques… Le programme est chargé et permet de faire venir les habitant.es du quartier. « J’habite ici, je suis passé devant, j’ai trouvé ça génial, et comme je suis assistante sociale, j’ai proposé de faire des permanences pour informer les gens de leurs droits » raconte Samia, une riveraine.

Pour faire fonctionner la Maison du Peuple, deux assemblées générales se tiennent chaque semaine : une première plutôt axée sur la vie du lieu et le programme des ateliers, et une seconde centrée sur le lien avec les luttes sociales en cours. La Maison du Peuple est aussi une base arrière pour les militant.es Gilets Jaunes. Ils étaient nombreux ces derniers jours à être présents pour préparer la manifestation nationale prévue ce samedi 22 juin, à Marseille. « Il y a autant des Gilets Jaunes qui viennent ici que des anarchistes, qu’on a davantage l’habitude de croiser dans ce genre de lieu » explique Pauline, militante marseillaise. « Ça donne une diversité des pratiques et des vocabulaires qui permet de repenser et de re-questionner nos habitudes. »

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