Depuis un mois, des militant・e・s écologistes de l’association ANV-COP21 retirent le portrait d’Emmanuel Macron de différentes mairies. Pour le symbole, celui du vide de la politique climatique et sociale du gouvernement. Ce jeudi 21 mars, dix d’entre eux et elles ont été convoqué・e・s par la police pour « vols en réunion ».

Il est 18h, ce jeudi 21 mars et des militant・e・s d’ANV-COP 21 ainsi que l’équipe de la chaine youtube « Partager c’est Sympa » attendent devant le commissariat du 4ème arrondissement de Paris. Tout・e・s sont présent・e・s pour soutenir les militant・e・s climat. Parmi les gardé・e・s à vue, la porte-parole d’Alternatiba Pauline Boyer, et le youtubeur Vincent Verzat de la chaîne Partager c’est sympa. Ils et elles ont été convoqué・e・s le matin même et ne sont pas ressorti.e.s du commissariat.

Des militant.e.s mis en garde à vue jeudi 21 mars à la sortie du commissariat du IVeme arrondissement de Paris. Photographie : ANV-COP 21.

L’enquête a été ouverte après l’action de désobéissance civile « Sortons Macron ». Des actions non-violentes qui consistent à soustraire dans les mairies le portrait du Président. Certain.e.s maires ont même choisi de donner leur portrait aux militant・e・s comme à Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales où le maire communiste à soutenu l’action des militant・e・s. Du coté du gouvernement, l’initiative a été beaucoup moins bien perçue. Le 21 février, Sebastien Lecornu, secrétaire d’état aux collectivités territoriales s’est ainsi fendu du tweet ci-dessous :

La réponse policière et judiciaire ne s’est pas fait attendre. Depuis un mois, selon notre partenaire Reporterre, 21 personnes du mouvement pour une justice climatique ont été placées en garde à vue et quatorze perquisitions ont eu lieu pour différentes affaires toutes liées aux actions pour le climat.

« Les poursuites contre des actes symboliques de militants sont systématiques »

Pour Alexandre Faro, avocat au barreau de Paris et habitué à défendre des militant・e・s pour la cause climatique, « on vit une période un peu étonnante où les poursuites contre des actes symboliques de militants sont systématiques ». Il est aussi inquiétant pour la liberté d’informer de retrouver un vidéaste accusé de vol en réunion pour le simple fait d’avoir filmé une action militante sans y prendre part.

D’autant plus surprenant que le gouvernement a fait des manifestations d’ampleur pour le climat de la fin de la semaine dernière, un exemple de « bonne » mobilisation, à l’opposé de la colère des Gilets Jaunes du 16 Mars (que  Radio Parleur vous a fait vivre). Brune Poirson et Gabriel Attal, tous deux membres du gouvernement, ont même posé avec des jeunes grévistes pour le climat le vendredi 15 mars. Un coup de communication très éloigné du traitement réservé, quelques jours plus tard, aux actions non-violentes de désobéissances civiles menée par ce même mouvement climat.

Marion, militante ANV-COP 21 rappelle pourtant qu’il ne faut pas que « le gouvernement se félicite mais qu’il commence à paniquer face au défi climatique à relever et à la pression populaire pour qu’il prenne ses responsabilités« . Pour Vincent Verzat la différence de traitement entre les différentes actions est sans doute du fait que les Marches Climats  « tapent fort, mais pas très juste » et « restent un endroit de contestation attendu ».

Face à ces garde-à-vue, les militant・e・s climat promettent de continuer leurs actions de décrochages présidentiels. Dans le même temps, ils et elles vont préparer leur défense, avant leurs audiences prévues à Strasbourg le 26 juin, à Lyon le 2 septembre et à Paris le 11 septembre. Des convocations que les associations veulent transformer en procès « contre l’inaction climatique« .

Reportage réalisé par Etienne Gratianette.

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