La Marche du siècle, c’était ce samedi 16 mars à Paris. Avec près de 107 000 manifestant.e.s dans la capitale, 350 000 au niveau national, et une armée de pancartes aux slogans fleuris, le message de convergence est martelé, il s’agit d’un printemps écologique et social. Résultat  : une mobilisation historique pour le climat mais un mouvement qui a paru, par instants, très éloigné de la colère exprimée par les Gilets Jaunes sur les Champs-Élysées.

À L’arrivée de la « Marche du siècle », place de la République, à Paris , le 16 mars 2019. Photographie : Sylvain Lefeuvre pour Radio Parleur.

À midi, sur l’esplanade du Trocadéro, les Gilets Jaunes sont plutôt nombreux à se joindre au cortège de la « Marche du siècle ». Selon les organisateurs, Alternatiba et Greenpeace, ils sont 107 000 à Paris. Les différentes couleurs des militants se mêlent, pour dire haut et fort que la justice climatique ne se fera pas sans justice sociale. Après quelques pas, arrivés au point de rencontre des différents cortèges, place de l’Opéra, les fluorescents se distinguent nettement moins. Ils laissent la place à un immense bus de la « Rave pour le climat ». Si la volonté de convergence s’exprime, le fossé social et culturel entre les acteurs des luttes reste bien visible.

Une demande massive d’engagements pour l’écologie

« Devenir une masse culturelle », c’est l’idée avancée par Cyril Dion. Le coréalisateur du documentaire DEMAIN, micro à la main, est posté sur le camion-sono en début de marche. Une convergence « pas toujours simple » confie Pauline Boyer, porte-parole d’Alternatiba. Elle note tout de même une évolution depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, réelle  » étincelle » de ce printemps social et climatique. La nécessité d’une transition écologique se fait criante sur toutes les banderoles mais cette dernière doit être juste. « Il faut réduire notre consommation d’énergies fossiles mais ce n’est pas aux plus pauvres de porter le poids de cette transition », ajoute-t-elle.

L’ampleur de la mobilisation de samedi et cette volonté de convergence entre mouvement climat et Gilets Jaunes, on en parle au coeur des cortèges avec Pauline Boyer, porte-parole de Alternatiba et Florence, Gilets Jaunes présente dans la marche.

 

La « Marche du siècle », place de l’Opéra à Paris le 16 Mars 2019. Photographie : Sylvain Lefeuvre pour Radio Parleur

« J’ai l’impression que l’urgence de la misère est plus forte sur les Champs-Élysées »

Au sein du cortège « Urgence climatique et sociale », les chants se succèdent dans une ambiance bon enfant. Une Marseillaise lancée par les Gilets Jaunes succède aux fameux « on est chauds, plus chauds que le climat ». Devant l’Opéra Garnier, il est rare de tomber sur un gilet fluorescent. Michèle, gilet jaune sur le dos, croise ses camarades dans un moment d’errance et s’écrie « enfin! ». « Je ne critique pas, mais je pense que l’urgence n’est pas la même », nous explique-t-elle avec des yeux ronds devant la jeunesse qui danse sur la techno de la Rave pour le climat.

Des Gilets Jaunes dans le cortège de la « Marche du siècle » à Paris, place de l’Opéra, samedi 16 Mars 2019. Photographie : Sylvain Lefeuvre pour Radio Parleur.

Quelques minutes plus tôt, une partie des cortèges de La Marche Climat, en route vers le point de jonction place de l’Opéra, est redirigé par les organisateurs et organisatrices. Le but, éviter d’entrer sur les Champs-Élysées, pour ne pas se retrouver mêlé aux questions de violence.  » On m’a même demandé d’enlever le foulard qui me masquait le visage », rapporte un manifestant. Il a participé aux actions sur les Champs-Élysées, avant de rejoindre le cortège du climat. « On m’a dit que me masquer, c’était anxiogène pour les autres manifestants de la Marche du siècle », lâche-t-il dans un soupir.

« J’ai l’impression que l’urgence de la misère est plus forte pour ceux qui se rendent sur les Champs-Élysées » explique Michèle, Gilet Jaune de la première heure. Si la « masse culturelle » ne semble pas encore atteinte, les différents cortèges se rejoignent en fin de journée. Place de la République, autour d’une scène, les prises de paroles s’enchaînent contre les violences policières, la casse sociale et l’inaction écologique.

Un reportage réalisé par Romane Salahun, photographie réalisées par Sylvain Lefeuvre.

 

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