Mardi 18 septembre, Ian Brossat, adjoint à la Mairie de Paris chargé des questions relatives au logement, de l’habitat durable et de l’hébergement d’urgence, présentait son essai, Airbnb, la ville ubérisée (éditions La Ville Brûle) à la librairie Le Genre Urbain (75020). L’occasion pour lui de revenir sur les évolutions des relations entre la mairie et l’entreprise Airbnb, fondée en 2007.

Airbnb V.S Mairie de Paris

Le boom de cette plateforme communautaire a plusieurs conséquences sur la capitale. D’abord, une hémorragie de logements : depuis cinq ans, 20 000 appartements ont été transformés en meublés touristiques loués à l’année, alors que le nombre de logements neufs construits chaque année est de 5 000. Ce déséquilibre a des conséquences sur les prix car il accroît les tensions entre l’offre et la demande. Selon Ian Brossat, Airbnb agit comme un accélérateur de la gentrification et de la perte d’identité de certains quartiers parisiens.

« On cède quelque chose à Airbnb qui, de toute façon, n’est que le respect de la loi »

Avant 2016, un règlement municipal condamnait les propriétaires qui louaient illégalement leur bien. Mais jusqu’à très récemment, seul le propriétaire immobilier était condamné, pas la plateforme communautaire.

En janvier 2016, le projet de loi pour une République numérique est modifié. Dans un monde idéal, chaque logement loué serait inscrit dans un registre – passage obligé pour bénéficier d’une publication sur le site de la plateforme. Mais c’est sans compter sur l’anti-jeu d’Airbnb : depuis deux ans, la plateforme refuse tout dialogue avec la mairie.

Pour Ian Brossat, deux évolutions permettent de penser que le combat n’est pas perdu d’avance : la coalition de Paris, Berlin, Madrid, Barcelone et Amsterdam ; et le réveil de l’opinion publique. Une rencontre entre la Commission Européenne et ces villes est prévue le 24 septembre 2018.

Au-delà des dénonciations de « l’économie de prédation » livrée par la plateforme, l’homme politique, également tête de liste du PCF aux élections européennes de mai 2019, pose la question de la spéculation immobilière à Paris en soulignant la nécessité de politiser les actions de la ville et de mettre en effervescence les citoyens. Car il existe encore trop peu de mouvements sociaux sur la question du logement.

 

Crédit photo : Juliette Jem

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