La « marée blanche » appelée par SUD Santé-sociaux ce mardi 15 mai a réuni environ 600 manifestant.es à Paris. Les personnels hospitaliers, qui dénoncent une relation au corps en permanence liée à des injonctions économiques, pointent des conditions de travail sans cesse dégradées et un manque de moyens dans les hôpitaux suite aux restrictions budgétaires.

Appelée par le syndicat Sud Santé, cette manifestation contre « l’austérité » devait permettre à tous les personnels hospitaliers qui le souhaitent, soignants et administratifs, de manifester leur colère et faire valoir leurs revendications. Certaines fédérations avaient déjà appelé à manifester à Paris le 19 avril, où notre reporter Clara Menais les avait rencontrés. Marine est en première année de médecine à la Salpêtrière : « C’est le moment de se révolter (…) contre toute la mise en place de la politique de Macron, qui est meurtrière ».

La fédération SUD Santé Sociaux, à l’origine de cette mobilisation, dénonce une opération de communication de la part d’Emmanuel Macron. Lequel affirmait le 15 avril 2018 qu’il n’y aurait pas de nouvelles économies à l’hôpital durant son quinquennat. Or, le Ministère des Solidarités et de la Santé vient de publier un Plan d’accompagnement à la transformation du Système de Santé qui programme, pour les 5 prochaines années, un effort d’1,2 milliard d’euros sur la masse salariale des hôpitaux publics, et 960 millions d’euros pour l’année en cours. Pour Victor, en 3e année de médecine à Paris 6 : « On est aujourd’hui dans un mode de production du soin qui est dans la marchandisation de l’acte ».

La fédération appelle également l’ensemble des personnels hospitaliers à se mobiliser le 22 mai lors des manifestations unitaires de défense de la Fonction Publique. Jean-Marc Devauchelle, militant syndicaliste et aide-soignant à l’Assistance Publique des Hopitaux de Paris (AP-HP) à l’hôpital Henri Mondor tire la sonnette d’alarme : « aujourd’hui c’est catastrophique dans les urgences, dans les réa, dans les Samu et dans les SMUR (…) c’est une catastrophe pour les patients et pour le personnel (…) On a eu des dizaines de suicides à l’Assistance Publique depuis le début de l’année et tout le monde s’en fout ».

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