Alors qu’ils occupent leur fac depuis mi-février, les étudiants de Paul Valéry à Montpellier ont lancé une Université libre, critique et ouverte. Un pied de nez au gouvernement qui souhaite plus « d’autonomie et d’expérimentation » dans les facs, mais qui n’a certainement pas envie de voir resurgir l’utopie de mai 68. Radio Parleur s’est entretenu avec Emile et Augustin, étudiants à l’université Paul Valéry.

Université Paul Valéry à Montpellier. Par un bel après-midi d’avril, une cinquantaine d’étudiants assistent à un cours pas comme les autres. Celui d‘Annabelle Allouch, maîtresse de conférences en sociologie en Picardie, venue expliquer pourquoi la sélection à l’entrée de l’université paraît inévitable au gouvernement. « C’est elle qui nous a contacté pour participer car elle trouvait notre initiative intéressante », explique Emile, l’un des membres du comité indicible qui a lancé l’Université libre, critique et ouverte de Paul Valéry. Des cours et séminaires dispensés par des professeurs voire même des étudiants, dont le programme est affiché chaque semaine sur leur site internet.
Ce « département auto-géré » s’inspire de l’expérience de l’université de Vincennes, lancée après le mouvement de mai 68. A Montpellier le but est le même : développer l’esprit critique de l’individu et faire un pied de nez au gouvernement. « Macron veut plus d’autonomie et d’expérimentation dans les universités. Mais je ne suis pas sûr qu’il apprécie ce genre d’expérience », glisse malicieusement l’étudiant.
L’Amphithéâtre A de l’université Paul Valéry pendant le séminaire ‘Annabelle Allouch. Photo Laury-Anne Cholez pour Radio Parleur.
L’université est occupée depuis le 15 février. Le 23 avril, les forces de l’ordre sont intervenues pour tout évacuer, sans trouver grand monde sur un campus déserté pour cause de vacances scolaires. Le syndicat Solidaire étudiants n’a pu s’empêcher d’ironiser « Intervention policière pour débloquer l’université Paul Valéry. 50 flics pour… 0 Étudiant-e-s ».
La présidence en a profité pour faire constater les dégâts, qu’elle estime à 250 000 euros. Pourtant, pour ceux qui ont l’habitude de traîner dans les facs occupées, les murs de celle de Montpellier restent assez sobres. « On fait attention, on ne veut pas qu’on nous accuse de dégradations », explique un étudiant. Après une pause, l’occupation a repris sous tension le 2 mai. Les étudiants de Montpellier comme ailleurs en France sont loin de vouloir abandonner la lutte face aux autorités qui restent sourdes face à leurs revendications.

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