L’extrême droite ne se contente pas de lorgner sur les médias. Elle s’intéresse aussi beaucoup aux associations. Pierre-Édouard Stérin, milliardaire aux opinions cathos-tradis assumées, est un modèle du genre : il finance quantité d’associations. Le problème, c’est que les assos organisent une bonne part de nos vies sociales, et sont un lieu privilégié d’influence pour l’extrême droite.
L’influence de l’extrême droite passe aussi par l’associatif
Il y a trois ans, M Bernard Arnault avait offert 3 millions d’euros aux restos de cœur. Généreux, hein ? Surtout de la part d’un milliardaire qui a l’habitude des plans de suppression d’emploi dans les entreprises qu’il rachète. Mais si vous connaissez Bolloré, vous connaissez peut-être moins son homologue, Pierre-Édouard Stérin.
Les largesses financières dont il fait bénéficier des associations, à travers le Fond du bien commun, ne se parent pas des atours charitables d’un Bolloré. Son projet est politique : il s’agit d’actionner des leviers d’influence pour l’extrême droite, et de faire progresser certains sujets au sein de la société. Une France blanche, où les femmes sont des ventres fertiles qui restent bien sagement à la maison, et rêvent à la rigueur d’aller s’encanailler au Puy-du-Fou.
Les assos, partout ou l’extrême droite cherche à être
Pourquoi Pierre-Édouard Stérin finance-t-il des associations pour servir son ambition politique ? Aujourd’hui, les associations s’occupent de bien des choses que le service public a délaissé : elles agissent dans le domaine de la santé, de l’éducation, de la famille, du soutien aux victimes de violences, du sport… bref, tout ce qui touche à nos vies quotidiennes, à nos intimités, à nos loisirs, à nos activités culturelles. C’est donc un puissant levier d’influence directement au contact de publics que le milliardaire veut toucher.
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Pierre-Édouard Stérin profite aussi d’une situation : le financement public aux associations se réduit comme peau de chagrin. Certaines structures ont donc cessé de se boucher le nez pour aller chercher l’argent du milliardaire d’extrême droite, pensant que cela ne se saurait pas. Sauf que les enquêtes se multiplient, et soulèvent une question : doit-on s’inquiéter aujourd’hui d’une emprise de l’extrême droite sur le secteur associatif ?
Nos invitées :
- Elsa Sabado, journaliste d’investigation indépendante, membre du collectif Hors Cadre
- Annabelle Martela, journaliste d’investigation indépendante, membre du collectif Hors Cadre.
- Marianne Langlet, collectif des associations citoyennes, coordinatrice de l’Observatoire citoyen de la marchandisation des associations, et anciennement journaliste.
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Penser les luttes est un podcast mensuel de Radio Parleur, co-produit par La Houle, studio associatif indépendant de podcasts basé en Bretagne, et Le MédiaTV, média indépendant, préparé et animé par Violette Voldoire. Tous les épisodes sont disponibles sur Youtube en vidéo.

